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    <title><![CDATA[Plumes sauvages]]></title>
    <link>http://amonsul.over-blog.com/</link>
    <description>Pour marcher &quot;Dans les pas de Roanne&quot;, c'est par ici ! 
(récit en ligne dans sa version &quot;premier jet&quot;)</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Sun, 11 Oct 2009 13:47:24 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Sun, 11 Oct 2009 13:47:24 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2009, Cecile G. Cortes</copyright>            <category>Littérature</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Ces choix qui n'en sont pas (8)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-28780103.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    Dans les pas de Roanne - Chapitre 22 "Ces choix qui n'en sont pas" - partie 8 (dernière partie ! the end !) - Tous droits réservés -<br>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Cette hypothèse-là nous plait bien, nous n’avons pas grand-chose de plus à ajouter sur le sujet pour le moment et nous aurons d’autres
    occasions d’en reparler. Nous passons la soirée à boire du vin et picorer en compagnie d’Oedun et Laus, après avoir libéré Paulin. J’ai encore une fois été contrainte de me mordre la joue pour ne
    pas rire car le jeune érudit plait visiblement, lui aussi, au sculpteur. Mais la grande surprise c’est que la réciproque semble vraie. Quand je pense que mon frère soupçonnait Paulin de
    s’intéresser à moi, avec le recul j’ai du mal à retenir mon hilarité. Mon collègue a partagé sa passion pour la peinture d’aquarelles avec Laus qui l’a écouté avec attention et lui a fait
    promettre de lui montrer quelques unes de ses œuvres en échange d’une visite de son atelier. Le pauvre semble avoir renoncé à faire changer Oedun de bord, au grand soulagement de celui-ci.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Pendant le trajet de retour, je raconte de nombreuses anecdotes sur Niwerand, tout en tournant autour d’Arthus, le titillant un peu. Une fois
    arrivés, il ouvre la porte du jardin, m’aide à le traverser puis me fait rentrer dans la maison. Il s’arrête alors et me regarde d’un air goguenard.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Roanne, je crois que tu as un peu trop bu…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Juste un petit peu… Je t’assure&nbsp;! Tu vois, là je ne te demanderais pas d’aller me chercher une étoile&nbsp;!</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;T’en faire voir me suffirait, en fait…&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Amusée, je lui lance&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Peut-être, mais il faudrait déjà que tu m’attrapes&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous commençons une course poursuite dans la maison qui ne dure pas vu qu’il est plus rapide et qu’il connaît les lieux par cœur. Je ris
    tellement que je ne peux même pas faire semblant de me défendre, il me soulève et m’entraîne jusqu’à son bureau. Me retenant d’une main, il jette le plaid épais qui orne son fauteuil sur le sol,
    me fauche les jambes, m’allonge et soulève ma robe. Il tente de m’embrasser alors que j’essaye de résister, toujours au bord du fou rire. Il est alors dans une situation embarrassante&nbsp;: pour
    me déshabiller il doit me lâcher et je menace aussitôt de lui échapper, souple comme une anguille. Il tente alors une autre technique bien plus fourbe… Il me caresse, m’embrasse, tant et si bien
    que mon rire laisse place à des gémissements. Je m’abandonne sans scrupules et c’est à mon tour de chercher à le dénuder. Il me laisse un peu faire puis me plaque les mains au-dessus de la tête,
    le regard affamé et visiblement ravi de son subterfuge. Soudain il change d’expression, comme s’il venait de penser à tout autre chose, il prend un air un peu perdu et gêné&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify; mso-pagination: none;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je ne peux pas continuer à te traiter comme ça. Elles servent à quoi les belles paroles de ce matin si je ne suis pas capable de me
    comporter correctement avec toi&nbsp;? Tu mérites un minimum de respect. Il faut que je fasse plus attention, je suis désolé.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify; mso-pagination: none;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Attends&nbsp;! Art&nbsp;! J’ai trop bu, je l’admets, mais pas au point de ne pas comprendre ce que tu es en train de me dire. Je ne me
    suis jamais plainte de la façon dont tu me traites, n’est-ce pas&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;C’est vrai, mais ce n’est pas une excuse.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Écoute, je préfère cette façon que tu as d’exprimer ce que tu ressens pour moi, ton désir, plutôt que de te voir me poser sur un
    piédestal sous prétexte de me respecter. Ne fais jamais ça, je t’en prie&nbsp;! Il y a des moments pour la douceur et d’autres où j’aime que tu sois… comme ça. Quand tu me parles de respect, j’ai
    peur que ce soit une excuse pour ne plus me bousculer alors que j’adore que tu me forces un peu.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Visiblement ce que je viens de lui répondre est assez convaincant, il n’ajoute rien. De toute façon, je me cambre pour me rapprocher de
    nouveau de lui afin de le chercher et je le trouve. Je ne supporte pas l’idée qu’il puisse se brider, alors que nous nous entendons si bien. Il m’embrasse avec passion, ses mains emprisonnant ma
    tête et je serre mes jambes autour de lui. Il se relève cependant, le souffle un peu court, pour me regarder avant d’ajouter&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Non, tu as failli m’avoir mais ce soir je prendrai tout mon temps. Je veux t’entendre dire des bêtises et avec les murs que possède
    cette maison, on ne risque pas de gêner les voisins.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Joignant l’acte à la parole, il prend en effet tout son temps, il l’a pour lui. Ce qui lui permet de me faire perdre tout contrôle de la
    situation. En conséquence, lui qui voulait que je m’exprime, il n’est pas déçu. Après nos ébats, j’ai des étoiles plein les yeux et mes jambes ne me portent plus. Nous restons un long moment
    allongés côte à côte puis nous rejoignons la chambre. Dans le lit, nous nous endormons après nous être de nouveau promis de ne pas avoir de non-dits l’un pour l’autre. Cet homme a tellement
    manqué à ma vie que j’espère bien continuer à lui faire perdre son sang froid, qu’il raccroche son uniforme quand il est en ma compagnie.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">8<sup>ème</sup> jour du neuvième mois</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je suis courbatue, j’ignore à quoi c’est dû, peut-être les conséquences de toutes les activités des derniers jours, qu’elles soient avouables
    ou non. Pour cette semaine, je vais partager mon temps entre la bibliothèque, les archives et le bureau d’Hadrien, à retrouver mes marques à peines reprises la semaine passée. Mes soirées seront
    consacrées à Artiste, avec lequel je vais reprendre un travail de dressage sérieux sous les directives de mon frère. J’en souffre d’avance.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Toute la journée je n’ai eu qu’une idée en tête&nbsp;: retrouver Tristhan ce soir pour lui parler. Il est temps que nous ayons une petite
    conversation en tête-à-tête, ce qui n’a pas été possible hier lorsque nous nous sommes rejoints pour aller au bord du lac&nbsp;: nous étions beaucoup trop nombreux. Cela a tout de même eu un
    intérêt&nbsp;: j’ai pu discuter avec Alhia, qui m’a promis de m’aider à me trouver une nouvelle veste en cuir pour remplacer celle que j’ai perdue. Par chance, elle n’a pas trop insisté pour
    connaître les conditions de ce gâchis, pourtant elle sait combien j’étais attachée à ce vêtement.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">En fin d’après-midi, je m’enfuis donc en direction de la Garde Royale alors que le temps est splendide, chaud et je cherche la chevelure noire
    aux reflets feu de mon frère. Je le trouve en pleine discussion avec Maître Habertii. Ils m’invitent à me joindre à eux&nbsp;car ils discutent de méthodes équestres et je peux apporter ma modeste
    contribution à leurs échanges. Je demande cependant rapidement à mon frère s’il accepterait une sortie à cheval avec moi. Il accepte sans hésiter et nous préparons nos montures. Lorsque nous
    quittons la Garde Royale, il se décide enfin à m’interroger&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Tu m’emmènes où&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;J’aimerais que tu voies Aleenor telle que je l’ai vue la première fois. Je t’emmène à un endroit situé à quelques kilomètres à peine,
    en chevauchant à vive allure nous pouvons faire l’aller-retour avant la tombée de la nuit.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il accepte mon offre d’un hochement de tête. Nous quittons la capitale puis nous augmentons notre train, dès que la fréquentation de la route
    qui part vers l’ouest le permet. Il ne nous faut pas longtemps pour retrouver les sensations de notre adolescence, quand nous partagions de folles courses poursuites avec nos amis de Niwerand.
    Lorsque la route commence à monter en lacet, nous ralentissons à peine notre galopade. C’est seulement en arrivant sur les hauteurs que je ralentis l’allure pour arrêter mon alezan et me tourner
    vers la plaine.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Tristhan en fait autant et ne peut retenir une exclamation admirative.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Il faudra que tu penses à emmener Alhia ici, ça devrait lui plaire.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;C’est certain&nbsp;! Qu’elle vue&nbsp;! Le lac paraît gigantesque, aussi grand qu’une mer. On voit bien le palais de la famille Royale,
    je devine quelques monuments que je connais.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Nous avons pratiqué les autres routes, celle du sud, celle du nord, aucune n’offre cette vision. Je me demande si les premiers
    habitants d’Aleenor n’ont pas été convaincus de s’installer ici après être tombés sous le charme de ce panorama alors qu’ils venaient de l’ouest.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Mon frère ne répond pas à cette idée farfelue que je viens d’exprimer, puisqu’il n’y a rien à ajouter&nbsp;: comment savoir&nbsp;? Alors j’en
    profite pour lui raconter en détails tout ce que j’ai vécu à Montay puis dans ma troisième traque. Je n’omets aucun détail concernant mon passage de «&nbsp;l’autre côté&nbsp;», aucun.
    Contrairement aux autres, je lui parle des visions que j’ai eues, de ces détails de notre enfance qui me sont revenus. Je lui décris les hautes tours qui semblent former des points de repère de
    loin en loin et non une étrange frontière, protégeant des sources. Des familles s’y retrouvaient pour échanger des denrées, des nouvelles, tout en laissant pâturer leurs troupeaux autour. Les
    chevaux avaient la place d’honneur parmi ces derniers.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Tous petits nous avons monté à cheval dès que nous avons pu accompagner nos parents, qui nous prenaient sur selle devant eux. Cela explique en
    partie nos capacités&nbsp;: nous avons ça dans le sang, nous sommes nés au sein d’un peuple qui élève des chevaux depuis si longtemps que son histoire est liée à ces animaux.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous parlons aussi de notre petit frère Ethan, de son absence que nous avons ressentie même en oubliant son existence. Nous observons un long
    silence en sa mémoire. Puis vient le délicat moment de parler du reste de notre famille d’origine. Mon frère murmure&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je ne parviens toujours pas à comprendre comment nous nous sommes retrouvés au pied des montagnes. En admettant que nous les ayons
    traversées, le pays qui est situé derrière ne correspond pas à la vision de plaines verdoyantes et grasses qui nourrit nos souvenirs.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je t’avoue que je suis toute aussi perplexe.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Tu aurais envie, toi, de partir à la recherche de nos origines&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je t’avoue que non. Je n’en avais déjà pas le désir avant et même en ayant retrouvé ma mémoire, je ne me sens pas capable de repartir à
    l’aventure sans même savoir dans quelle direction chercher avec précision. De plus ma situation a changé… J’ai envie de faire ma vie ici, aux côtés d’Arthus.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Tout comme moi, avec Alhia.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous nous sourions et n’ajoutons rien de plus&nbsp;: le principal est dit. Le soleil commence déjà à se coucher, nous admirons une dernière
    fois la vue alors qu’Aleenor se teinte de couleurs chaudes puis nous revenons dans sa direction. Les jours diminuent rapidement, portant avec eux la promesse d’une arrière saison ensoleillée.
    Nous rentrons en silence, encore émus par nos confidences.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Une fois à la Garde Royale, nous nous occupons de nos montures avec soin, puis j’avise que Ghislain est encore présent puisqu’il discute avec
    Alhia, Viviane, Desle et même à mon grand plaisir Encelin. J’en profite pour me joindre à eux, ce qui me permet d’avoir des nouvelles de Lilly&nbsp;: elle attend avec impatience la fin de sa
    grossesse, il ne lui reste plus qu’un mois, elle ne peut plus bouger comme elle le souhaite et cela l’agace. Je ne peux m’empêcher de sourire en repensant à mes amies&nbsp;: Cathy et Anna, la
    sœur d’Alhia, m’avaient tenu le même discours. Je me permets une intervention dans la conversation pour demander à Ghislain quand je pourrai passer chez lui récupérer une partie des affaires que
    je lui avais confiées. Il a alors une idée fabuleuse, que notre «&nbsp;noyau dur&nbsp;», comme il a surnommé notre groupe d’amis, se retrouve chez lui en fin de semaine pour m’aider à emménager
    définitivement chez Arthus. Ce sera l’occasion de nous retrouver pour dîner. Viviane ajoute alors, innocence incarnée&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Ce serait peut-être bien qu’on abandonne ensuite les hommes entre eux, il y a un tas de spectacles que toi et Alhia ne connaissez pas
    encore&nbsp;! Je suis persuadée que cela manque à votre culture&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">J’éclate de rire, surtout quand je vois l’expression de Tristhan et Arthus qui sont arrivés juste à temps pour entendre les derniers échanges.
    Puis je reprends mon souffle, sereine&nbsp;: c’est bel et bien ici que je souhaite faire ma vie, à leurs côtés. Sans pour autant perdre de vue que je dois surveiller la trame qui nous protège
    depuis si longtemps qu’on en avait presque oublié son existence. Presque.<br>
    <br>
    ...<br>
    <br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 08 Mar 2009 14:26:00 +0100</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-28780103.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-28780103-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ces choix qui n'en sont pas (7)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-28515521.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    Dans les pas de Roanne - Chapitre 22 "Ces choix qui n'en sont pas" - Partie 7 - Tous droits réservés -<br>
    <br>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous passons la fin de matinée sur le marché pour acheter des aliments ainsi que des vêtements. Je peux d’autant plus me faire plaisir que
    j’ai reçu mes salaires de la part de l’Université alors que je n’ai eu aucune dépense ces trois derniers mois. Je ne trouve pas de veste en cuir qui me plaise, mais je prends toute une panoplie
    d’habits qui me vont bien. Cette fois-ci, lorsque je demande d’un air faussement ingénu à Arthus ce qu’il pense d’une nuisette, il ne me regarde pas d’un air gêné en rougissant. Il a plutôt
    l’expression d’un fauve près à sauter sur sa proie. Peur de la vie de couple ou pas, je pense que nous avons encore de bons moments à passer ensemble. Je ferai tout pour entretenir ce désir dans
    son regard sans me perdre malgré tout.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">En milieu d’après-midi, nous nous rendons chez Oedun. Je suis soulagée de voir que Paulin n’a eu aucune difficulté à trouver l’adresse, il est
    déjà installé et discute avec le poète et une deuxième personne qui nous tourne le dos mais dont l’excentricité de la mise ne laisse aucun doute sur l’identité. Lorsqu’il se retourne pour voir
    qui arrive, il nous accueille d’un tonitruant&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Aaaaartyyyyy&nbsp;! Ma belle Roaaaaanne&nbsp;! Quel plaisiiiiir, vraiment&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je suis presque déçue de ne pas le voir déplier et agiter un éventail tant cela irait bien avec son personnage. Un peu intimidée par ce que
    j’ai à lui demander, j’ai la voix presque cassée lorsque je sollicite&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Niña&nbsp;?&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il me sourit alors avec sincérité et m’indique Oedun du regard. Un rictus moqueur aux lèvres, celui-ci dévoile la Danthienne qui était cachée
    derrière lui. Elle se montre alors clairement&nbsp;: même Arthus peut la voir, ce qui lui coupe le souffle de surprise. J’imagine sans mal ce qu’il ressent, je me souviens combien j’avais trouvé
    Niña belle et charmante dès le premier regard. Oedun ne peut cependant pas laisser l’occasion passer de me titiller, il se moque de moi en récitant&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Mes amis c’est incroyable</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Celle qui a la meilleure des visions</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Ne pense jamais est-ce louable&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">À s’en servir avec discrétion&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je fais une grimace de dédain à mon poétaillon puis je souris à Niña. Il n’a pas tort, j’aurais pu avec mon autre sens visualiser la lutine
    dès mon entrée dans la pièce. Je me sens un peu idiote. Arthus vient alors à mon secours, mais je crois que c’est plutôt une boutade de plus&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Allons ma chérie, ne te laisse pas faire, tout le monde a le droit d’être un peu tête en l’air.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je préfère ne pas relever, mais il ne perd rien pour attendre. Voilà en tout cas qui permet à Paulin d’apprendre la relation qu’il y a entre
    nous, lui qui connaissait déjà un peu Arthus. Il est tout de même temps que nous discutions ensemble de ce qui nous amène, j’estime que ce n’est plus le moment de tourner autour du pot.
    J’explique au jeune Érudit que le Garde Royal est digne de confiance et qu’il en sait au moins autant que moi sur les évènements des derniers mois, qu’ils soient officiels ou officieux. Puisque
    je vois Niña m’encourager d’un signe de tête, j’ajoute qu’Arthus a la confiance du Petit Peuple, et qu’il a bénéficié une deuxième fois de ses soins après le gâchis du sixième mois.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous pouvons alors, avec Oedun, lui faire le résumé complet de ce qu’il s’est passé au cours de cette deuxième traque, avec l’ensemble des
    faits liés à l’intervention des lutins que nous n’avions pas ébruités. En mon absence, c’est tout juste s’ils avaient été mentionnés pour parler de l’incroyable guérison de Belvis et Viviane.
    Ensuite, je commence à conter mon expérience du solstice et les semaines qui ont suivi, sans cacher le soutien des personnes présentes ainsi que du père d’Arthus et du soigneur de Montay.
    J’ajoute, toujours pour en informer Paulin, la nature exacte de mes blessures avant que les lutins n’interviennent pour m’aider à recouvrer plus rapidement ma santé et mon autonomie. Le jeune
    Érudit intervient sur ce point&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;J’ai lu des choses à ce sujet. Les lutins sont très secrets sur ce point, ce qui n’est pas étonnant car cela leur demande sans doute
    une énergie folle. J’imagine qu’ils ont profité du solstice pour détourner des flux non seulement vers l’artefact mais aussi vers les enchantements dont ils se sont servis pour te
    soigner.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Niña intervient alors&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Décidément j’aime bien ce jeune humain, il est très perspicace&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Elle n’ajoute rien de plus et je continue à partager mon expérience, avec l’aide quand le besoin s’en fait sentir de Laus et Oedun. Je suis
    cependant seule pour reporter avec le plus de fidélité possible ce qui s’est passé lorsque j’ai basculé de «&nbsp;l’autre côté&nbsp;». Je passe sur les visions issues de mon enfance et certains
    détails mais j’essaye de bien expliquer la façon dont j’ai été obligée de me débrouiller pour recoudre la trame et l’aide inattendue dont j’ai bénéficié. Je ne sais toujours pas de quoi il
    s’agissait rééellement, de spectres issus de mon imagination&nbsp;? Je n’y crois pas. Les détails étaient si précis&nbsp;!</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;J’ai l’impression d’être passée dans une faille dans laquelle le temps n’existe plus. J’ai pu parler à une femme d’une autre époque.
    Quant à mon guide, s’il est ce que je crois, alors la légende dit vrai. Les Trois Dragons ont atteint une forme d’immortalité. Leur esprit veille afin de maintenir la trame. J’avoue que cela me
    laisse une impression étrange. Au fond, je ne m’explique pas ce qui s’est passé. Ma seule certitude, c’est qu’il y avait une source d’énergie quand nous sommes arrivés avec Oedun, et qu’elle
    était obturée lorsque nous sommes repartis.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Niña intervient de nouveau&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Une source… De quoi rêver, mais aussi de quoi se perdre. Voilà pourquoi nous ne l’avons pas vue ni sentie, c’est presque aveuglant pour
    nous. C’est aussi la raison pour laquelle les miens sont restés à distance sans vous aider. Si nous nous étions approchés, nous n’aurions pas su résister à sa présence et nous nous serions
    dissous dedans.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je réfléchis un moment à cette révélation. Puis je résume le reste du huitième mois pour enfin laisser la parole à Paulin qui nous résume à
    son tour ses expériences. Au début du sixième mois, il est parvenu avec son équipe à la bordure de la forêt de Montay. Ils ont tout d’abord suivi le plan établi puis ont reçu des instructions
    leur ordonnant de se replier puis d’effectuer une surveillance discrète avec l’aide des Chasseurs de la région. De son côté, il avait déjà eu quelques contacts avec le Petit Peuple qui l’avait
    informé de façon bien plus rapide et efficace de ce qui s’était passé du notre.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Lors de la nuit du solstice d’été, il a été abordé par un lutin qui l’a entraîné à sa suite. Tout comme Oedun et moi, il l’a suivi, tout comme
    nous il en est revenu «&nbsp;différent&nbsp;». Il a aussi été prévenu qu’il devait apprendre à se servir de sa nouvelle sensibilité en douceur, ce qui ne l’a pas empêché de subir de vilaines
    migraines. Il avoue en riant&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;J’ai encore du mal mais je distingue les auras sans trop d’efforts. Par contre, je suis incapable de les interpréter.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Oedun lève les yeux au ciel&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Cela fait près de dix années que j’apprivoise ce cadeau du Petit Peuple et tous les deux vous voudriez tout savoir en deux mois&nbsp;!
    Il va falloir patienter les enfants, vous n’en êtes qu’au début.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous rions de cette remarque à la fois amusante et juste. C’est alors Arthus qui prend la parole&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;C’est étrange tout de même, les lutins semblent ne pas avoir opéré au hasard.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il regarde Niña qui lui offre son plus charmant sourire et il poursuit&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Évidemment, depuis le départ ils savent exactement ce qui est en jeu mais ils ne pouvaient rien faire d’eux-mêmes. Ils ont donc formé
    les humains les plus à même de les aider. Si Roanne et Oedun avaient échoué, Paulin auraient peut-être pu reprendre la traque.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Il y a un peu de cela, bel humain, mais c’est nous prêter plus de pouvoir que nous n’en avons que d’affirmer que nous savions dès le
    départ. Si cela avait été le cas, nous aurions perdu moins de temps. Nous ne sommes pas si parfait, je le crains.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Arthus lui sourit, c’est dans ce qu’elle ne dit pas qu’elle répond au point le plus important de sa question. Je repense alors à quelque chose
    et je leur fais part de ma dernière conversation avec le chancelier D’Etressange&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Il m’a affirmé quelque chose qui m’a étonnée, que mon rôle n’était pas terminé et que j’avais maintenant une responsabilité, un peu
    comme une gardienne. Qu’en penses-tu Niña&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Il a dit juste, nous ne sommes pas à l’abri que la trame se déchire à nouveau. Tu devras continuer ton apprentissage pour déceler avec
    ta nouvelle vision toute altération à ce niveau. C’est aussi pour cela que nous invitons des humains qui voient bien à partager nos rites&nbsp;: tu ne seras pas seule, même si tu as une
    sensibilité particulièrement développée, chacun de tes compagnons peut t’aider à sa façon et te soutenir.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Laus soupire alors, je le devine déçu de ne pas en être, mais j’ai dans l’idée que cela ne serait tarder. Il pourrait avoir une surprise à la
    prochaine Mort-Thomb qui a lieu dans moins de deux mois, puisqu’elle a une valeur similaire aux solstices pour le Petit Peuple. Je poursuis notre conversation&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Ce qui est amusant en parlant de lui, c’est que D’Etressange est persuadé que ma défiance à son encontre est due à Arthus, alors que le
    Petit Peuple lui-même m’a mise en garde contre lui. Je ne crois pas qu’il ait conscience des adversaires redoutables qu’il s’est fait en se mêlant de leurs affaires.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Niña se contente encore une fois d’un signe de tête pour approuver mes paroles. Nous parlons ensuite des rêves. Je n’ai qu’une vague
    hypothèse, et elle est franchement bancale&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je pense que c’est lié aux flux d’énergie. Nous sommes peut-être plus réceptifs dans notre sommeil et je crois que nous avons vu les
    évènements qui avaient une probabilité de se produire d’une façon similaire à ceux dont j’ai été témoins quand j’étais de «&nbsp;l’autre côté&nbsp;». J’ai aussi cogité à autre chose mais c’était
    très farfelu.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;J’aime ce qui est farfelu, n’aie pas peur de partager avec nous.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Merci Laus&nbsp;! Eh bien, j’ai pensé que c’était peut-être là encore une intervention d’ancienne magie, car nos rêves sont
    systématiquement apparus chez les personnes possédant le Talent, après la rencontre avec une Aberration. Mais voilà, je suis à court d’idées pour expliquer mon raisonnement.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Ce n’est pas si excentrique comme idée.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je regarde Oedun pendant qu’il semble chercher la suite de ce qu’il a commencé à argumenter&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Oui, ce n’est pas idiot. Roanne, tu disais que pendant ton expérience pour fermer la trame, tu as eu la sensation qu’il n’y avait plus
    de notion de lieu et de temps. De plus, que les Aberrations sont le résultat d’une expérience qui a mal tournée mais qui a été utilisée&nbsp;: elles servent de sentinelles car elles se réveillent
    en sentant un accroc. Peut-être que tout est lié, que ces créatures sont capables de changer quelque chose chez une personne ayant le Talent, pour l’attirer à elle et donc la mettre dans la
    direction de l’accroc.&nbsp;»<br>
    <br>
    <br>
    suite<br>
    <br>
    ...</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 01 Mar 2009 20:09:00 +0100</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-28515521.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-28515521-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ces choix qui n'en sont pas (6)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-28062808.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    Dans les pas de Roanne - Chapitre 22 "Ces choix qui n'en sont pas" - Partie 6 - Tous droits réservés -<br>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Lorsque je relève enfin mon visage dans sa direction, je ne peux m’empêcher de sourire car pour une fois c’est lui qui se montre surpris par
    mon accueil. C’est un exploit en soi mais son propre rictus devient presque carnassier lorsqu’il me répond&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je crois en effet que j’aurais de nouveau besoin de conseils avisés.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;J’imagine pourtant que ce n’est pas ce que vous êtes venu chercher.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je serais tenté de répondre que vous me croyez plus fourbe que je ne suis mais je ne crois pas qu’il soit utile que nous continuions ce
    jeu.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Un jeu dont vous fixez les règles depuis le départ. Si vous cherchez à vous servir de moi pour atteindre la Garde Royale en générale ou
    Arthus de Montay en particulier, je préfèrerais autant que nous en restions là et que vous vous rapprochiez d’une autre bibliothécaire.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">J’ai conscience que c’est dangereux de ma part de me montrer aussi cassante mais je préfère qu’il sache que j’ai un avis sur ce qu’il a fait
    en début de semaine et que je le désapprouve.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Roanne, je suis désolé que vous preniez si mal ce qui s’est passé, vous êtes bien placée pour connaître certaines de mes ambitions. Je
    vous assure cependant que la personne que vous avez citée n’a rien à voir dans cette histoire. Je suis venu pour vous parler en tête-à-tête car c’est visiblement dans les lieux publics que j’ai
    le plus de facilité à vous rencontrer.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Ce n’est pas faux…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;J’ai une seule question à vous poser et je souhaiterais avoir une réponse sincère, un oui ou un non, que je sache ce qu’il en est
    vraiment.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Quelle est cette question&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Êtes-vous parvenue à refermer la trame&nbsp;?&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi précis et direct. Je reste quelques instants hébétée, à hésiter&nbsp;: faut-il nier en bloc,
    faire celle qui ne comprend rien à rien ou lui répondre&nbsp;? Il ajoute alors, achevant de mettre à bas mes défenses&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;À votre réaction je vois que vous savez de quoi je parle. Je me suis toujours douté que vous aviez un potentiel mais j’ignorais si vous
    sauriez l’utiliser. Je vous répète ma question Roanne de Niwerand, la trame est-elle de nouveau indemne&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Oui.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je n’ajoute rien, si je me croyais perturbée après ma discussion avec Paulin, ce n’est rien comparé à l’abattement et à la panique qui sont
    maintenant les miennes. D’autant que le Chancelier reste impassible, peut-être même se retient-il de montrer à quel point il savoure ma confusion. Je me reprends car je ne dois pas laisser
    échapper le moindre détail mais intérieurement je crie au secours, je me sers de mon autre sens pour chercher Paulin qui est toujours studieux, installé à sa table. Mon vis à vis reprend la
    parole et je me force à l’écouter avec attention&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je savais que vous n’étiez pas restée inactive entre mes deux séjours à Montay bien que je ne sois pas parvenu à en acquérir la preuve.
    Votre hâte de revenir à Aleenor vous a cependant trahie, mais ce n’est pas grave en soi. Vous venez de me donner la seule réponse dont j’avais besoin.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Tout dépend de l’importance que vous lui accordez.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Certes, mais je ne crois pas que nous ayons un avis divergeant sur le sujet.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Vous savez qu’il est illusoire de me le demander.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;En effet. Comme je vous l’ai déjà dit, je regrette que le plus jeune fils Montay vous ai dressée contre moi. Son aîné est loin d’être
    aussi obtus. En même temps, qu’il le veuille ou non, Arthus et moi partageons des points communs. Je ne vous demanderai rien de plus Roanne, j’espère juste que vous avez conscience de
    l’importance de vos actes.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;On peut dire cela. J’ai fait ce que j’ai cru juste, avec les moyens que j’avais à ma disposition, rien de plus. Il est maintenant temps
    pour moi de passer à autre chose.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je ne crois pas que ce soit aussi simple. Quelque soit la façon dont vous vous y êtes prise, ne pas en parler est un choix que je
    n’approuve pas mais je ne peux vous contraindre. Par contre, penser que tout est terminé, ce serait aller un peu vite. Vous avez endossé un rôle Roanne de Niwerand. Vous êtes devenue une sorte de
    gardienne et vous devrez rester vigilante. Si d’autres créatures réapparaissent, je serai le premier à demander votre contribution pour les abattre. On ne peut se permettre de laisser des
    monstres d’une autre époque s’éveiller et courir librement sur nos terres.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je ne réponds pas, bien que je me doute qu’il attend une réaction de ma part. Je me demande s’il souhaitait la fermeture de l’accroc, ce qu’il
    laisse entendre avec sa dernière tirade, ou si au contraire la réussite de mon intervention le gêne. Je ne sais pas ce qu’il désirait vraiment, au fond, et son discours n’a peut-être qu’un
    objectif&nbsp;: me mettre en confiance pour me faire parler. Je dois me sortir de ce mauvais pas, écourter cette conversation. Je suis alors tirée de l’embarras par l’apparition de Paulin. Il
    souhaite le bonjour au Chancelier, qui ne se montre pas surpris de le rencontrer là. D’Etressange joue à la perfection son rôle d’homme à la recherche d’une référence très particulière. Nous
    répondons à sa demande puis nous le laissons s’en aller. Je me laisse enfin aller à soupirer de soulagement et je remercie Paulin d’être arrivé à point nommé. Il me dévisage alors, l’air
    troublé&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je ne suis pas certain que ce soit un hasard… J’ai cru t’entendre m’appeler avec de l’urgence dans le ton, sauf que ce n’était pas ta
    voix, plutôt autre chose.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Notre Talent&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;J’ai l’impression.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous n’ajoutons rien, digérant cette nouvelle donne. Dans tous les cas, alors que je quitte l’Université pour me rendre à la Garde Royale, je
    me demande si Oedun n’aurait pas un don de double vue&nbsp;: il avait raison, D’Etressange en sait beaucoup et je n’ai pas tant de secrets pour lui. Je me dois de ne pas entrer dans son
    jeu&nbsp;: il est trop perspicace et manipulateur pour moi, qui ne suis pas de taille face à un tel adversaire. J’en suis écœurée d’avance car je sens que cela va refroidir l’ambiance, mais je
    dois en parler avec Arthus. Il me faut aussi partager ce que je viens d’apprendre au sujet de Paulin.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je retrouve mon amant à l’écurie, nous préparons nos chevaux puis partons ensemble sans inviter personne d’autre. Notre discussion est plutôt
    légère et j’attends que nous soyons arrivés sur une plage isolée du lac pour lui raconter la dernière visite du Chancelier. Il ravale une froide colère pour me laisser lui détailler cette
    rencontre mais les injures qu’il profère à la fin me laissent pantoise. Je dois vraiment avoir une expression déconfite car il s’adoucit et me prend les mains&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Désolé, mais ses manières m’agacent. J’espère qu’il va cesser de te tomber dessus de cette façon. Tu te sens comment, pas trop
    perturbée&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Un peu quand même, mais ça va. On se met à l’eau&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Tout de suite&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous vérifions une dernière fois que nos montures sont correctement attachées puis nous marchons jusqu’au bord de l’eau. Nous nous
    déshabillons en ne conservant que le minimum sur nous pour ne pas être gênés. À ma grande surprise, la température est douce est je parviens à m’immerger sans trop de difficultés. Avec patience,
    Arthus me fait pratiquer les mouvements que j’avais appris mais que je n’ai pas eu l’occasion de répéter depuis plus de trois mois. Il m’aide, m’encourage, me prenant les mains pour m’aider à me
    concentrer sur les brasses que je tente de faire avec mes jambes.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Tout en riant sous ses gentilles moqueries, j’ai l’impression d’oublier les soucis que j’ai pu avoir ces derniers jours. Je me sens bien et
    j’en profite pour faire quelques tentatives maladroites, sachant qu’il est toujours présent pour me repêcher en cas de besoin. Pourtant je m’aperçois que nous nous sommes bien éloignés de la
    plage. Surprise, je tente de me redresser et je manque de m’enfoncer dans l’eau tête comprise. Je m’agrippe aussitôt à Arthus, paniquée.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je n’ai plus pied&nbsp;!</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je sais…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Tu l’as fait exprès&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Un peu. Je voudrais que tu comprennes que ce que tu es capable de faire là où tu as pied, tu peux le faire ici.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Avec un air horrifié, je m’apprête à lui dire tout le bien que je pense de sa méthode lorsqu’il me serre un peu plus contre lui&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Écoute, j’ai pied pour ma part, si tu as besoin tu peux t’accrocher à moi, soit certaine que je ne suis pas contre. Je te promets de ne
    pas m’en plaindre.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je ne peux pas m’empêcher de rire.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Tu en as fait exprès, tu savais très bien que j’aurais peur&nbsp;!</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;J’aime bien quand tu te réfugies dans mes bras…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Quand même, tu abuses un peu, depuis quelques temps on ne peut pas dire que je sois distante.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;C’est vrai mais c’est un peu différent. Ça faisait longtemps que j’avais envie de te faire découvrir à quel point il est agréable de se
    baigner de cette façon là.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il commence à me caresser, à m’embrasser et je réagis en me collant encore plus à lui. Puis il murmure&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je crois qu’il me faut la preuve que tu as besoin de moi, même juste un peu… Tu es tellement indépendante.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Surprise je m’écarte de lui, juste assez pour pouvoir le regarder dans les yeux sans le lâcher. Je le traite d’idiot, il n’a pas besoin de
    risquer de me noyer pour vérifier la sincérité de mon attachement. Je suis avec lui parce que j’en ai envie, n’est-ce pas plus important&nbsp;? Au moins, ce n’est pas par intérêt. Nous nous
    embrassons et je me serre plus que jamais contre lui. Après quelques minutes à jouer dans l’eau nous sortons, impatients de rejoindre Aleenor. Je profite de notre retour pour lui faire part de
    l’invitation d’Oedun et de ce que j’ai découvert au sujet de Paulin.</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 150%; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; line-height: 150%; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-size: 12.0pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">6<sup>ème</sup> jour du neuvième mois</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je ne vais pas mentir, ce premier jour de repos où je me réveille en compagnie d’Arthus, chez lui, me plonge dans un état fébrile. Quelque
    part, j’apprécie à sa juste valeur ce moment où nous émergeons de notre nuit, reposés, sans avoir aucune obligation qui nous attende. Nous pouvons prendre notre temps, aucun repas «&nbsp;en
    commun&nbsp;» ne nous oblige à nous préparer à la va-vite. Pourtant, ce calme après des semaines à courir me paraît presque anormal. Je commence à comprendre qu’il me faut retrouver un rythme de
    vie plus humain, plus serein et je ressens la crainte de ne pas être capable de m’adapter à celui de mon amant. J’ai soudain conscience que je dois apprendre à vivre avec lui alors que je n’ai
    finalement qu’une seule expérience dans le domaine et qu’elle a été catastrophique. Pire, j’ai vécu seule si longtemps par la suite que j’ai besoin de conserver de l’espace pour moi. Dans la
    douce protection de ses bras, je lui fais part de mes craintes, un peu confuse de l’ennuyer avec de tels doutes le matin de bonne heure.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je suis cependant prise au dépourvu, de nouveau, par le tact dont il fait preuve. Il m’avoue même qu’il partage une partie de mes inquiétudes.
    Nous devons apprendre à cohabiter, à gérer le quotidien et laisser s’installer une forme de routine sans en avoir peur. Il n’est pas difficile d’admettre qu’après avoir mis six mois à nous
    trouver, il nous en faudra au moins autant pour trouver nos repères.<br>
    <br>
    <a href="http://www.plumes-sauvages.net/article-28515521.html">suite<br></a><br>
    ...</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 17 Feb 2009 22:57:00 +0100</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-28062808.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-28062808-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ces choix qui n'en sont pas (5)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-27783043.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    Dans les pas de Roanne - Chapitre 22 "Ces choix qui n'en sont pas" - Partie 5 - Tous droits réservés -<br>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Par chance D’Etressange insiste encore une fois sur le fait que tout s’est bien terminé. Il fait alors une pause avant d’enfoncer le clou,
    notant qu’il semblerait que dans toute cette histoire nous ayons profité d’une chance insolente. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il nous cherche, qu’il essaye de nous froisser pour voir nos
    réactions. Mais nous restons de marbre et Maître Habertii monte au créneau&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Monsieur le Chancelier, je suis pour ma part entièrement convaincu de la justesse de vos paroles. Signifient-elles que nous aurons un
    soutien officiel de la chancellerie si une nouvelle créature est repérée&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;En effet, c’est à cela que je veux en venir. Je suis persuadé que vous avez bien fait en agissant avec discrétion, ceci-dit il faudra
    plus de moyens si un pareil cas se représente, afin de gagner en vitesse et en efficacité. On ne peut plus prendre le risque de voir des Gardes Royaux grièvement blessés, encore moins des civils
    s’il faut de nouveau que des personnes possédants le Talent soient présentes.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Son regard a tout d’abord effleuré Arthus dont il sait que la blessure de cet hiver n’était pas bénigne, pour ensuite se poser sur moi. Je ne
    bronche pas et je laisse la discussion se poursuivre. Connaissant mieux le Chancelier et ses ambitions depuis nos rencontres de l’été, j’ai conscience de ce qu’il est en train de faire&nbsp;: il
    montre sa volonté d’être informé de la mise en place de toute nouvelle opération. Je crois qu’il désire avoir la main mise sur des décisions à ce niveau, tout en montrant une fois encore son
    intérêt pour le fonctionnement de la Garde Royale. Ce manipulateur se sert de cette histoire pour étendre son réseau et pour s’immiscer au nom de la chancellerie dans la politique des Élus et de
    l’institution qu’il convoite. Cet homme me fait penser à ces pousses de lierre qui reviennent sans cesse, même quand on tente de les arracher, inexpugnables et envahissantes.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Lorsque nous quittons l’Université pour déjeuner, il est d’ailleurs le principal objet de conversation. Maître Habertii et Arthus sont furieux
    mais prennent sur eux. Il ne reste qu’une chose à souhaiter, je ne leur cache pas&nbsp;: qu’aucune autre créature ne se soit réveillée avant notre intervention. Je n’en dis pas plus, il faut que
    je revienne auprès d’Hadrien pour préparer avec lui mes tâches pour le reste de la semaine. L’après-midi passe vite, je rejoins ensuite la Garde Royale pour travailler Artiste, puis je rentre en
    compagnie d’Arthus. Nous nous vengeons de la mauvaise surprise du matin sur les mauvaises herbes dont nous arrachons et taillons une quantité impressionnante.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">4<sup>ème</sup> jour du neuvième mois</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">À la fin de ma journée de travail, je ne me rends pas à la Garde Royale. C’est plus fort que moi&nbsp;: je passe chez Oedun pour lui donner
    des nouvelles et lui reporter les échanges de la veille. Il est censé s’être rendu dans l’est pour raisons personnelles et avoir chevauché en notre compagnie, au retour, uniquement pour le côté
    pratique d’un voyage en groupe. Avant-hier nous n’avons même pas mentionné sa présence, à aucun moment, mais D’Etressange l’a rencontré aux repas du château.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">J’ai passé les deux dernières journées dans le bureau d’Hadrien pour me familiariser de nouveau avec le classement des dossiers. J’ai aussi
    pris le temps de voir où en est la restauration des ouvrages des archives que j’avais confiés aux collègues dont c’est la spécialité. Je crois que je vais pouvoir leur en monter d’autres. Ils ont
    fait du bel ouvrage. Demain, enfin, je travaillerai un peu à la bibliothèque, ce qui me permettra de bavarder avec Lison, tout en essayant d’éviter Constance qui est toujours aussi aigrie. Il
    aurait été naïf de ma part de penser qu’elle puisse changer de comportement au cours des trois dernier mois. Dans tous les cas c’est une dernière journée de travail sous forme de détente qui
    m’attend, je ne m’en cache pas, en attendant je fais profiter Oedun des nouvelles que j’ai à lui fournir. Au final, c’est lui qui me demande comment je m’en sors. Je ne peux retenir un soupir
    avant de me confier.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je t’avoue que ce n’est pas facile. J’ai l’impression de passer mon temps à réfléchir à ce qui doit ou non sortir de ma bouche. En
    fonction de chaque personne je dois accommoder mes réponses. Ce n’est pas simple du tout, je n’ai au fond aucun choix. Aujourd’hui même, Dame Arsinoe a tenté avec une grande subtilité de me faire
    parler d’avantage de l’accroc que nous avons réparé dans la trame. Je lui ai dit qu’elle n’en saurait pas plus de ma part, même si cela devait me coûter ma place à la bibliothèque. Elle m’a
    regardé d’un air étrange mais n’a rien ajouté.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;C’était peut-être un test de sa part, elle sait ainsi que tu connais exactement les limites que tu n’acceptes pas de franchir.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Peut-être. J’espère surtout qu’elle n’y reviendra pas, mais je me demande si elle n’en apprendra pas plus que je ne le souhaite par
    l’orientation que je donnerai à mes recherches. J’aimerais tellement étudier davantage le mythe des Trois Dragons, Oedun&nbsp;! En tout cas, elle m’a confirmé que les sceaux que nous avons
    trouvés sur les Aberrations sont en sûreté, Sieur Hunaud s’en est chargé en personne. Je t’avoue que j’ai eu peur un moment que D’Etressange ne parvienne à mettre la main dessus, tu aurais vu son
    expression quand Thraec a montré celui que nous avons rapporté&nbsp;!</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;C’est étrange, pourquoi le Chancelier s’intéresserait-il à ces objets&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Il ne faut en aucun cas le sous-estimer Oedun, je suis persuadée qu’il en sait beaucoup. Il m’a sous-entendu plus d’une fois que sa
    famille possède une bibliothèque impressionnante, je t’avoue que je me suis demandée si certains ouvrages qui auraient pu m’aider ne sont pas chez lui. Même s’il est aussi un maître des illusions
    et de la manipulation, je n’arrive toujours pas à le considérer comme quelqu’un de banal. Il suffit de voir comment il a retourné toute cette histoire à son avantage pour pouvoir se mêler des
    affaires internes de la Garde Royale. J’espère toutefois qu’il ne sera pas mis au courant de ce que nous avons fait ces dernières semaines.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Il s’en doute, nous le savons pertinemment. Je ne serais pas étonné qu’il en sache beaucoup même à ce niveau. Nous devons nous protéger
    Roanne, promets-moi de faire attention de ton côté. Son aura est très particulière et je t’assure que ce n’est pas le genre d’homme que je sous-estime, pour ma part.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Oui, j’ai remarqué ce fait. Il a une aura… puissante.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Il y a une pourtant une personne dont tu es proche qui lui ressemble beaucoup, je crois donc que tu es bien protégée. Tu devrais filer
    d’ailleurs si tu ne veux pas qu’il s’impatiente.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;D’accord, mais si tu es contacté par Laus, tu me tiens au courant, d’accord&nbsp;? Niña me manque, j’aimerais avoir de leurs
    nouvelles.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Si tu peux, passes dans deux jours en milieu d’après-midi, je serai présent et Laus viendra peut-être me rendre visite. Arthus est
    évidemment le bienvenu.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Consciente d’avoir laissé passer l’heure, je ne m’attarde pas et je me rends aussi vite que possible auprès de mon alezan. Cependant les
    dernières paroles d’Oedun me perturbent. Beaucoup.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">5<sup>ème</sup> jour du neuvième mois.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">J’aide Lison à reclasser des livres à leur place avec la désagréable impression d’avoir perdu le peu que j’avais appris au printemps. De
    nouveau, je dois me familiariser avec les différents niveaux de la bibliothèque. Nous faisons une longue pause pour le déjeuner avec d’autres collègues, tous très curieux d’en savoir davantage
    sur ma longue absence. Je leur offre un discours convenu que j’ai mis au point avec Hadrien ces derniers jours. Mon travail dans son bureau n’avait pas uniquement pour objectif de l’aider à
    classer certains dossiers.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Cet après-midi je suis déjà un peu plus à l’aise dans les rayons et je m’isole pour me débrouiller seule avec un lot d’ouvrages. J’ai bien du
    mal à me concentrer car le temps est magnifique et Arthus m’a promis de m’emmener au bord du lac en fin d’après-midi. Il souhaite que je reprenne mes leçons pour apprendre à nager et tient à me
    faire profiter de sa propre expérience. Dans tous les cas, j’ai hâte de le rejoindre. De temps en temps je croise le lutin Pax et nous nous faisons des clins d’œil complices, il lui arrive de
    m’aider lorsque je ne parviens pas à placer un livre au bon emplacement. Si le Petit Peuple incarne la mémoire qui nous fait défaut, Pax incarne l’esprit de la bibliothèque, il la connaît par
    cœur. Prise d’un doute, je me dis que s’il est présent, Paulin n’est peut-être pas très loin. En effet, je le trouve alors qu’il étudie devant les grandes verrières.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il n’y a aucune oreille indiscrète autour de nous à cette heure la journée, d’autant plus calme que c’est la fin de semaine. Je m’assois donc
    à ses côtés pour lui parler de ces quelques semaines où nous sommes partis chacun dans une direction.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Comment ça s’est passé de ton côté&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Bien&nbsp;! Les Gardes Royaux que j’accompagnais connaissaient leur affaire. Côté Chasseurs nous en avions deux qui étaient comme ton
    ami Thraec, simples et fiables, par contre les autres...&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il monte les yeux au ciel et je me retiens d’éclater de rire. Je me souviens des regards lubriques dont nous avons fait l’objet avec Viviane.
    Je n’ose pas employer le terme qui me vient à l’esprit mais je comprends parfaitement le jeune Érudit&nbsp;: j’imagine qu’il a été contraint de subir des conversations bien grasses, de celles que
    j’ai moi-même dû entendre dans la taverne de mes parents. De toute évidence, ce n’est pas son style.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je lui raconte à demi-mot que j’ai terminé de mon côté ce que nous avions commencé. Il est au courant car Dame Arsinoe lui en a parlé, il sait
    très bien que le discours tenu lors de la réunion du début de semaine n’était que de la poudre aux yeux. Je lui confirme cependant le rôle important de Thraec, mais aussi d’Oedun qu’il connaît à
    peine mais avec lequel j’espère qu’il pourra faire plus ample connaissance à l’occasion.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Paulin, il faut que cela reste entre nous, impérativement. De toute façon le Petit Peuple veille, il est inutile de tenter de le
    tromper. Mais j’ai changé cet été, mon Talent a évolué.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">J’approche la main d’un globe lumineux qui aussitôt réagit. Paulin me regarde alors, surpris, puis m’affirme&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;C’est donc pour cela que ton aura est si particulière&nbsp;?&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">La bouche soudain sèche, je lui demande où il a passé la nuit du dernier solstice&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Comme toi j’imagine&nbsp;? Avec des lutins à danser et chanter autour d’un artefact communautaire&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Il faut qu’on discute sérieusement, ça change tout.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Oui, mais pas ici, tu aurais du temps libre demain&nbsp;?&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous décidons de nous voir chez Oedun, je suis bien décidée cette fois-ci à ce que ces deux-là se rencontrent. J’explique au jeune Érudit
    comment se rendre chez le poète puis je le salue avant de retourner à mon travail. Je croise le regard plein de mesquinerie de Constance mais je m’en moque éperdument, j’ai encore le droit de
    discuter avec un collègue que je sache&nbsp;! De toute façon je suis perturbée par des choses bien plus importantes.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Une fois dans mon rayon je me remets au travail, me contraignant à oublier ce que je viens de découvrir pour ranger avec autant d’efficacité
    que possible une pile de livres que Lison a ajoutée à celle que je n’avais pas terminée. L’après-midi touche à sa fin, je ne vais pas tarder à m’en aller, lorsque je sens une présence près de
    moi. Je n’ai même pas besoin de me tourner dans sa direction pour souhaiter le bonjour à mon visiteur, trahi par son aura qui n’échappe pas à mon autre vision.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Bonjour Chancelier, vous désirez un nouvel ouvrage&nbsp;?&nbsp;»</span><br>
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    <br>
    <a href="http://www.plumes-sauvages.net/article-28062808.html">suite<br></a>...
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 10 Feb 2009 19:37:00 +0100</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-27783043.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-27783043-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ces choix qui n'en sont pas (4)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-27081493.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 8pt;">Dans les pas de Roanne - Chapitre 22 "Ces choix qui n'en sont pas" - partie 4 - Tous droits réservés -</span><br>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Deuxième jour du neuvième mois</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Je retrouve avec une certaine affection le bureau d’Hadrien, toujours encombré de piles de dossiers d’une hauteur
    conséquente. Il y a visiblement de quoi m’occuper plusieurs mois s’il souhaite que je poursuive mon travail aux archives tout en l’aidant dans son propre classement. Il me raconte quelques uns
    des évènements estivaux de l’Université, quoique cette période de l’année soit calme puisque la plupart des cours sont suspendus pour laisser professeurs et étudiants faire une pause. Nous
    n’abordons pas les évènements qui m’ont éloignée d’Aleenor&nbsp;: nous attendons d’avoir rejoint Dame Arsinoe pour parler des choses sérieuses. Je suis arrivée en avance pour saluer mes collègues
    et discuter de tout et de rien avec mon protecteur en titre, autour d’une tasse de thé. Babiller avec lui est toujours aussi plaisant, d’autant plus qu’il a reçu des nouvelles de Jocelin qu’il
    s’empresse de partager.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Nous nous rendons ensemble au bureau de notre Élue qui m’accueille avec chaleur tout en prenant le temps de me
    dévisager.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">«&nbsp;Comment allez-vous Roanne&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;Très bien.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;Vos blessures&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;De l’histoire ancienne, même celles de la dernière poursuite.&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Elle me sourit et j’ai l’impression qu’elle est soulagée. Elle me demande ensuite de lui raconter les dernières semaines,
    sans perdre mon temps sur les évènements du sixième mois qu’elle connaît déjà très bien. Je lui avoue alors, confuse, que je ne pourrai pas tout lui dire, ni à elle ni à Hadrien.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">«&nbsp;Ne m’en voulez pas, mais je ne vous livrerai pas dans le détail la totalité de mes expériences. Je préfère être
    sincère, je vais vous reporter aussi fidèlement que possible les évènements des deux derniers mois mais je passerai sur ce qui touche de près le Petit Peuple et que sa vigilance ne me permet pas
    de partager.&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">C’est un peu lâche de ma part, mais c’est aussi une façon de me protéger&nbsp;: en prétendant que les lutins me demandent
    d’être discrète, je ne donne pas l’air de vouloir conserver des informations pour mon propre compte. J’ai maintenant moins d’une heure pour raconter l’intervention du Petit Peuple sur ma santé
    afin d’accélérer ma guérison, mais sans parler de la folle nuit festive partagée avec eux. Je peux ensuite détailler la façon dont Arthus et Belvis ont monté une nouvelle équipe et notre départ.
    Je reste très évasive sur mon rôle concernant l’accroc de la trame. J’essaye juste de faire passé le message qui m’intéresse&nbsp;: les flux d’énergie sont plus importants que l’on pourrait le
    croire, ils ont réveillé et attiré les deux créatures que nous avons poursuivies ces derniers mois. Je m’attarde plus sur la deuxième Aberration, car je peux donner des détails que Dame Arsinoe
    et Hadrien n’entendront pas pendant la réunion que nous allons suivre. Je leur explique le choix de partir en avant avec un autre Talent afin de préserver nos compagnons qui n’avaient aucun moyen
    de visualiser la bête à abattre. Je leur avoue que nous avons reçu un soutient indispensable de la part du Petit Peuple et que nous n’aurions rien pu faire sans cette aide. J’ai tout juste le
    temps de leur parler de la fin de la traque, de notre retour à Montay et de la deuxième visite de D’Etressange. Il est déjà l’heure de nous rendre auprès des autres Élus et de leurs invités.
    Juste avant que nous quittions son bureau, ma protectrice me glisse, avec un air agacé&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">«&nbsp;En parlant du Chancelier, il est fort probable qu’il soit parmi nous ce matin. Nous en discuterons à l’occasion.
    Car nous n’avons pas parlé du principal au final&nbsp;!&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Elle s’interrompt et se met à rire, à ma grande surprise, tout en fermant sa porte&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">«&nbsp;Roanne, souhaitez-vous poursuivre votre travail pour la bibliothèque et tenter de mettre un peu d’ordre dans
    l’anarchique bureau d’Hadrien&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;Bien sûr&nbsp;! Quand puis-je reprendre mon poste&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;Aujourd’hui même si vous n’avez rien de prévu.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;Cela me va.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;Avant que j’oublie, nous avons rappelé Paulin qui nous a rejoints il y a presque trois semaines, je crois qu’il
    est impatient de reprendre ses recherches aux archives et que votre aide ne serait pas du luxe.&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Voilà une façon très explicite de m’encourager à poursuivre nos prospections. Je suppose qu’Hadrien me laissera le temps
    nécessaire mais j’espère tout de même ne pas passer mes journées entières dans le sous-sol. Pendant le trajet qui nous permet d’accéder à la salle de réunion, je songe aux derniers échanges,
    étonnée de la facilité avec laquelle notre entretien s’est déroulé. De ce fait c’est tout juste si je me crispe un peu en découvrant le grand nombre de personnes que nous rejoignons et qui
    s’engouffrent avec nous dans la salle après l’ouverture de la solide porte à double battant. Dame Arsinoe avait raison, le chancelier D’Etressange s’est joint à nous et s’entretient avec l’un des
    pontes de la Garde Royale. Peut-être une façon pour lui de montrer qu’il n’est pas étranger à toute cette histoire. C’est aussi un clin d’œil&nbsp;: il montre qu’il est soutenu dans sa démarche
    par des responsables au plus au niveau parmi ceux qui ont validé l’organisation de la traque. Le chancelier ne se cache plus, il s’intéresse ouvertement à toute cette histoire sans plus rester
    dans l’ombre, ce qui explique qu’il se soit déplacé en personne cet été pour tenter d’en savoir plus.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Il me salue d’un léger signe de tête et son regard me fait frissonner. C’est celui d’un homme qui n’apprécie pas qu’on se
    moque de lui. Je suis prête à parier que j’entendrai encore parler de lui. Je ne m’attarde cependant pas sur sa personne, je salue Mathieu Courtecuisse et ses confrères&nbsp;: celui qui discutait
    avec D’Etressange, puis Maître Habertii qui écoutait d’un air faussement détaché. Je poursuis avec les Élus et les personnes présentes. Je ne cache pas mon plaisir de retrouver Paulin et même si
    le chancelier me lance un deuxième coup d’œil qui me met mal à l’aise, un seul regard d’Arthus me redonne confiance. Je me retiens de justesse de lui sourire en retour car il n’est pas utile
    d’attirer davantage l’attention sur nous. Je suis même persuadée qu’il pourrait me le reprocher donc je prends sur moi. Je m’installe entre Viviane et Belvis, ce qui me permet de me sentir en
    sécurité au milieu de mon équipe, sans coller les personnes pour lesquelles j’ai des liens affectifs encore plus forts&nbsp;: mon frère et mon amant. Il est important de laisser de côté nos
    sentiments et nos émotions pour nous concentrer sur ce qui nous attend. Nous allons jouer serré et je sens à sa façon de se tenir que Thraec aussi est prêt, lui qui s’est assis aux côtés de
    Mélanie à l’autre bout de la table ovale. Je suis persuadée qu’en attendant l’ouverture de la réunion ils discutent de leurs voyages respectifs.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Enfin Hunaud prend la parole, résumant la situation à la fin du sixième mois. De toute évidence, nous ne perdrons pas
    notre temps en revenant dessus et ce n’est pas moi qui m’en plaindrais. Il nous invite ensuite à faire un tour de table. Chacun se présente même si la plupart d’entre nous se connaissent. Nous en
    venons très rapidement aux faits et Arthus est le premier à devoir s’exprimer, ce qu’il fait avec un naturel déconcertant.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Il explique son choix de rester à la fin du sixième mois dans le fief de sa famille, afin de rester disponible en cas de
    reprise de la traque, en conservant à ses côtés un autre Garde et une personne possédant le Talent. Je ne peux que constater qu’il a bien préparé ses arrières avec Maître Habertii, pour justifier
    leurs décisions. Qui pourrait affirmer, devant une excuse aussi valable, que leur but était en réalité de m’isoler&nbsp;? C’est à ce moment que mon accident est mentionné, je suis invitée à
    prendre la parole. J’ai si bien répété mon discours que je n’ai aucune difficulté à effectuer l’exercice.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">«&nbsp;J’ai fait une chute de cheval&nbsp;: ma monture a été effrayée par une couleuvre, s’est affolée et j’ai vidé les
    étriers. Cela n’aurait pas eu de conséquences importantes si je n’avais pas heurté un arbre. J’ai eu l’avant-bras fracturé et les côtes si douloureuses que le soigneur qui m’a suivie a
    diagnostiqué que j’en avais quelques unes dans le même état. Par chance, il s’est avéré après quelques semaines que ce n’était pas le cas. Lorsque nous avons été rejoints à la fin du mois dernier
    par le Chasseur Thraec, que nous connaissions déjà, nous avons décidé de revenir à Aleenor avec lui car mon bras était guéri. En effet, Thraec nous a annoncé une bonne nouvelle qui signait la fin
    de la traque dans laquelle nous nous étions lancés. Nous n’avions plus aucune raison de rester à Montay. Arthus, Belvis, j’oublie peut-être quelque chose&nbsp;?&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Leur passant ainsi le relai, je peux m’écarter de la conversation. J’ai cependant ouvert celle-ci sur un événement qui
    détourne l’attention de l’ensemble des participants vers Thraec. Celui-ci, sans se démonter, explique sa décision de partir en chasse après avoir reçu un courrier lui expliquant qu’une deuxième
    Aberration allait librement dans notre royaume.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">«&nbsp;C’était pourrr moi oune occasion exceptionnelle de prrrouver ma valeurrr. Parrrticiper à une nouvelle trrraque ne
    pouvait qu’assoeirrr ma répoutation. Je souis arrivé sour le massif de Corrrday après la fin de la prremière battue et je me souis joint à d’autres chasseurs en veille, pouis j’ai contourrrné le
    massif et j’ai trouvé, parrr chance je vous l’avoue, oune trrrace qui m’a rrrappelé la chasse de cet hiverrr.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Je rrreste persouadé que le Petit Peuple m’a aidé, même si les loutins ne se sont pas montrrré, j’ai senti leurrr
    présence. La créatoure n’a pas été facile à abattrrre, mais je l’ai eue. Je vous en apporte la prrreuve.&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Il sort alors le crâne et les os de la patte avant nettoyés, ainsi que le sceau vert. L’Élue des artistes, Justine, ne
    peut alors retenir son admiration pour l’objet&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">«&nbsp;C’est magnifique, plus encore que celui trouvé cet hiver&nbsp;! On croirait du marbre&nbsp;!&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Pour ma part, en jouant avec le sens que les lutins m’ont ouvert, je peux voir à quel point la matière, qu’elle quelle
    soit, est loin d’être inerte. Elle irradie une forme d’énergie. Je me demande si Paulin y est sensible, je lui poserai la question lorsque nous aurons enfin l’occasion de retravailler ensemble.
    Je suis interrompue dans mes pensées par une question posée par le ponte de la Garde Royale que je connais mal et qui discutait avec D’Etressange&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">«&nbsp;Roanne de Niwerand, qu’en est-il de ces songes que vous faisiez au printemps et qui semblaient vous
    guider&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;J’ai continué à les faire jusqu’à l’échec de la traque au cours du sixième mois. Ensuite, j’avoue que les rares
    fois où j’ai rêvé de la créature, ce fut si chaotique que je n’ai pas pu en tirer la moindre conclusion. Après ma chute, à cause des drogues que je prenais contre la douleur, j’ai cessé de
    rêver.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;Totalement&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">—&nbsp;Oui, Maître.&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">D’Etressange intervient alors&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">«&nbsp;Nous avons sous-estimé cette créature, même si l’intervention d’un Chasseur expérimenté et l’aide vraisemblable du
    Petit Peuple nous a sauvé la mise.&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Je croise le regarde de mon frère qui partage de toute évidence ma question&nbsp;: où veut en venir le Chancelier&nbsp;?
    Celui-ci se lance alors dans une superbe allocution, visiblement préparée, dans laquelle il explique que si le cas se présente de nouveau, nous devons nous octroyer plus de moyens afin que les
    accidents du sixième mois ne se reproduisent pas. Je sens Viviane se raidir à mes côtés car même si ce n’est pas dit de façon explicite, c’est bien d’elle et de Belvis dont on parle, du coma dans
    lequel ils ont été plongés. Je ne sais pas avec exactitude ce qu’elle a dû subir en notre absence, j’espère juste que certaines personnes n’ont pas eu le culot de sous-entendre qu’elle se serait
    mise elle-même dans une situation délicate.<br>
    <br>
    <a href="http://www.plumes-sauvages.net/article-27783043.html">suite</a><br>
    <br>
    ...</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 23 Jan 2009 10:37:00 +0100</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-27081493.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-27081493-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ces choix qui n'en sont pas (3)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-26660948.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    Dans les pas de Roanne - Chapitre 22 "Ces choix qui n'en sont pas" - Partie 3 - Tous droits réservés -<br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Demain, mon rendez-vous avec Dame Arsinoé et Hadrien est fixé à neuf heures du matin. Une heure plus tard, nous avons un tour de table avec
    d’autres Érudits, des pontes de la Gardes Royale ainsi qu’une partie des participants à la battue qui a eu lieu il y a près de trois mois. Celle dont nous revenons n’ayant officiellement jamais
    eut lieu, elle ne sera pas abordée. C’est à ce niveau que Thraec devra endosser le beau rôle du tueur d’Aberration. Pour ma part, je me doute que Dame Arsinoé essaiera de savoir ce qui s’est
    vraiment passé ces dernières semaines avant le tour de table. Je suis décidée à lui fournir une part des faits pourtant il m’est encore difficile de fixer moi-même les limites. J’aurais aimé
    avoir le soutient discret de Niña, mais nous n’aurons pas le temps de nous rendre chez Laus pour la retrouver. Tout va trop vite, encore une fois, ce qui nous laisse très peu de marge pour nous
    organiser. Je me retrouve seule pour choisir les informations que je peux partager ou non.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">En attendant que nous discutions de tout cela ce soir, je passe du temps avec les Gardiennes que je connais, je prends des nouvelles. Ensuite,
    je passe une partie de l’après-midi dans les écuries avec les palefreniers, en particulier celui qui s’occupe si bien des pieds de Pom-pom. Quand Alhia arrive enfin pour s’occuper de sa jument,
    elle ne cache pas sa surprise et nous tombons dans les bras l’une de l’autre pendant qu’elle traite mon frère de grand nigaud car il lui a caché mon arrivée. Elle s’inquiète de ma santé, sur
    laquelle je peux la rassurer. Je reste évasive sur mes blessures, lui prétendant juste que c’était moins grave qu’on n’aurait pu le croire. Cela m’ennuie de devoir mentir à ma meilleure amie,
    même par omission, mais ce n’est que la suite logique de tout ce que j’ai dû lui cacher depuis l’entrée d’une Danthienne dans ma vie. Au fond Tristhan est la seule personne à laquelle je
    raconterai en détail tout ce qui m’est arrivé depuis le dernier solstice, à mon goût il y a déjà trop de gens plus ou moins au courant.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Lorsque je m’aperçois que Viviane s’apprête à nous rejoindre, j’avoue rapidement à Alhia le grand changement qui a bouleversé ma vie
    personnelle. Je m’attendais à ce qu’elle se moque de moi mais, au contraire, elle conserve son sérieux. C’est même plutôt étrange, elle me dévisage pendant un long moment avant de me prendre les
    mains et de me murmurer&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Tu ne peux pas savoir à quel point j’en suis heureuse pour toi. Je t’ai vu souffrir plus que tu ne voulais l’admettre de cette distance
    qu’il y avait entre vous, alors que vous étiez attirés l’un par l’autre.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Comme je lui retourne un regard étonné, elle m’explique&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Votre complicité naturelle, certains échanges de regards, enfin, je te connais trop bien et je m’en suis peut-être rendue compte avant
    toi, avant même que vous ne quittiez Niwerand. Ce qui compte c’est que vous ayez réussi à vous trouver. J’espère sincèrement que ça se passera bien.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Pour le moment je ne vais pas me plaindre, mais cela fait à peine deux mois. Il faut que nous apprenions à vivre ensemble alors que
    nous avons vécu longtemps chacun de notre côté, surtout lui. J’espère que j’arriverai à me faire une petite place sans trop de frictions.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Si tu veux mon avis, tu n’auras pas trop de soucis de ce côté. Enfin, on en reparlera plus tard, il semble que Viviane attende que nous
    lui fassions signe de se joindre à nous&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous passons la fin d’après-midi ensemble, retrouvant déjà nos habitudes acquises au printemps. Je ne monte pas mais je ne me prive pas pour
    discuter avec mes amies cavalières, accoudée à la rambarde de la carrière. Il m’arrive même de les reprendre sur un mouvement, si j’en ai l’occasion. Lorsque Thraec est annoncé, je les quitte
    pour le rejoindre à l’entrée de la Garde Royale. Nous la quittons ensuite en compagnie de Belvis&nbsp;: nous serons rejoints par les autres chez Ghislain, en attendant nous allons lui donner un
    coup de main pour préparer de quoi sustenter tout le monde.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Au final nous sommes en petit comité car nous allons discuter d’évènements qui ne doivent pas être ébruités&nbsp;: Arthus et moi, Tristhan,
    Belvis et Viviane, impatients de découvrir ce que nous avons cachés dans nos broderies de la veille, Ghislain, Oedun, Thraec et Maître Habertii. Ce dernier nous résume les évènements des
    dernières semaines, ajoutant des éléments qui n’ont rien d’officiel. Pourtant je me doute qu’il est loin de tout dire et qu’il partagera certains d’entres eux avec Arthus uniquement. Il nous
    cache donc certains fait, ce qui me va très bien car j’ai l’intention d’en faire autant.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Comme il s’en doutait, suite à l’échec de la première traque, certaines personnes parmi les pontes de la Garde Royale ont tenté d’affaiblir sa
    position. De ce fait il a parfaitement joué en rentrant au plus vite. Il a pu expliquer la raison du repli des équipes et conforter la justesse de ses décisions. Je l’écoute avec attention,
    surtout lorsqu’il nous apprend que D’Etressange s’est alors intéressé officiellement à l’affaire. Vu la réaction d’Arthus, il ne fait aucun doute qu’il était déjà au courant. Je ne dis rien
    malgré mon agacement, il y a des choses que je préfère autant ne pas savoir et je connais de toute façon la manie de mon amant de vouloir toujours me protéger malgré moi.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">J’écoute avec attention les éléments suivant, qui sont très intéressants. Maître Habertii fait partie d’un tout petit comité qui a validé la
    dernière traque, lancée officieusement, et nous confirme que nous ne devons pas en souffler un mot demain devant l’ensemble des Élus et les autres personnes qui se présenteront. C’est alors que
    je ne peux m’empêcher de remarquer&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;J’imagine que D’Etressange s’y invitera de toute façon, il est certain que nous devons maintenir le discours que nous lui avons servi
    jusqu’ici. Mais il n’était déjà pas dupe, il ne le sera pas plus. Même s’il n’en a aucune preuve, il est persuadé que nous avons fait quelque chose.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Arthus explique alors à son Maître les évènements de Montay, les visites du Chancelier, la surveillance dont nous avons fait l’objet. Il n’a
    visiblement pas eu le temps de tout lui détailler en tête à tête. Nous parlons ensuite de la traque, en mentionnant l’aide apportée par Nadia, mais sans raconter son déroulement. Je m’immisce de
    nouveau dans la conversation à ce stade, soutenue par Oedun. Nous soutenons qu’il n’est pas question de détailler ce qui s’est passé même ici, en bonne compagnie. Nous souhaitons surtout préparer
    l’entrevue de demain en accordant notre discours concernant ce qui s’est passé lors de la première traque, en nous mettant bien d’accord sur le rôle tenu par Thraec.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">En effet, au retour de la première traque, il y a déjà eu une entrevue du même acabit que celle de demain, nous devons apporter des
    témoignages cohérents. Maître Habertii, Tristhan et Ghislain nous confirment alors que nous n’aurons qu’à reporter ce que nous avons vécus. Ils ont joué franc-jeu de leur côté car il y avait trop
    de témoins avec les Chasseurs présents. Une fois ce point-là réglé, je laisse Arthus et Thraec expliquer ce qu’ils ont mis au point pour prouver que ce dernier est redescendu de sa contrée en
    apprenant l’apparition d’une nouvelle Aberration. Il racontera qu’il a fait le trajet pour tenter d’apporter son expérience, ce qui s’est révélé un choix heureux. Il prétendra avoir reçu l’aide
    du Petit Peuple, même s’il ne peut en apporter la preuve. Surtout, il placera sur la table les restes que je lui ai confiés et le sceau vert.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Ainsi, la traque sera terminée de façon officielle. Les Gardes Royaux et les Chasseurs déployés autour du massif de Corday pourront rentrer
    chez eux et nous passerons à autre chose.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Pour moi ce n’est évidemment pas si simple car il faut encore que je passe du temps avec mon frère, pour lui expliquer en détails ce qui s’est
    passé, en particulier les bouleversements que j’ai vécu suite au solstice. Maître d’Habertii et Thraec nous quittent puis je m’isole avec Tristhan pour parler avec lui. Cela me prend du temps de
    tout lui raconter&nbsp;: ma chute peu après son départ, ma souffrance, l’invitation des lutins, la vision onirique de l’artefact et la folle nuit qui a suivi. Je passe sur le début de mes
    relations avec Arthus car cela ne le regarde pas. Je me concentre sur ma guérison accélérée, la découverte de ma nouvelle vision et les détails amusants tels que la réaction des globes lumineux
    en ma présence.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je lui raconte l’arrivée de Thraec et d’Oedun, la préparation de notre nouveau départ et mes progrès malgré les migraines qui les ont
    jalonnés. Enfin, je lui décris autant que possible les deux évènements majeurs de la traque&nbsp;: la visite et la fermeture de l’accroc que nous avons détecté dans la trame puis la traque de la
    créature. Tristhan ne m’a pas lâché la main pendant tout mon monologue, sans jamais m’interrompre.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Tu aurais fait une Gardienne redoutable, tu sais&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Non, je t’en prie&nbsp;! Franchement je préfère mon petit confort et j’ai été soutenue par une équipe de choc. Et puis… Cette sorte de
    sixième sens que j’ai maintenant, en plus du Talent, me perturbe beaucoup. Ne le prend pas mal Tris, mais je pense que c’est incompatible avec ce que tu fais pour la Garde Royale. Si le Petit
    Peuple en pense autant, ils ne partageront jamais une nuit de solstice avec toi, à seule fin de te protéger.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je ne risque pas de le prendre mal. Si passer une nuit avec le Petit Peuple devait m’empêcher de poursuivre mon apprentissage, ce
    serait un véritable dilemme. Je veux plus que jamais devenir un officier de la Garde Royale. Je serais ennuyé de devoir refuser leur invitation.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Me voilà rassurée alors. Sinon, comme tu l’as compris, peu de personnes sont au courant de ce que je t’ai raconté, Belvis, Thraec et
    Nadia ne connaissent pas les détails, mais ça fait déjà beaucoup de monde. Du coup…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Cela reste entre nous, bien sûr.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous nous serrons la main un peu plus fort puis nous retournons dans la pièce principale. Il n’est pas trop tard lorsque nous rentrons avec
    Arthus mais il est acquis que nous ne commencerons pas la remise en état du jardin ce soir. Pendant que nous nous glissons dans la maison, je lui avoue à demi-mot que cette semaine je ne serai
    pas disponible pour nos petits jeux, un peu gênée par le sujet. Il me prend dans ses bras pour murmurer&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je sais très bien ce que c’est, ne t’inquiète pas. C’est adorable dans tous les cas de me prévenir. N’hésite pas à me faire signe dès
    que ce sera passé.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je lui souris d’un air mutin&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je ne risque pas d’oublier.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: right;">
    <span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: Verdana;"><a href="http://www.plumes-sauvages.net/article-27081493.html"><span style="font-size: 8pt;"><span style=
    "font-family: Verdana;">Suite</span></span></a></span></span><br>
  </div>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">...</span>
  </div>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 11 Jan 2009 15:48:00 +0100</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-26660948.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-26660948-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ces choix qui n'en sont pas (2)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-26420619.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    Dans les pas de Roanne - Chapitre 22 "Ces choix qui n'en sont pas" - Partie 2 - Tous droits réservés -<br>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Et pourtant, ce n’est pas facile de laisser nos amis pour rentrer, le fait que nous soyons chargés comme des mules, au retour, n’y est pour
    rien&nbsp;: c’est l’ambiance festive qui me manque déjà. De plus je ressens de nouveau un trac terrible, à moins que ce ne soit plutôt de l’impatience&nbsp;? Je m’installe chez Arthus. Je ne peux
    plus y couper, c’est officiel, c’est imminent. Je ne peux pas lui cacher ma gêne lorsque nous passons la première porte, celle qui donne sur son jardin. Il s’en aperçoit, jette ses affaires au
    sol, me débarrasse des miennes et me prend dans ses bras.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je m’excuse pour ma mauvaise blague de tout à l’heure, mais autant que ce soit clair pour tout le monde, tu ne trouves
    pas&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;J’ai juste été surprise que tu sois… si direct. Il faudrait que je voie mon frère avant qu’il l’apprenne par une autre personne. Je
    pourrais t’accompagner à la Garde Royale demain matin&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Aucun problème. Mais pour le moment, on entre et on se pose, d’accord&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;J’ai l’impression de t’avoir déjà entendu me faire cette proposition, non&nbsp;? Elle était loin d’être honnête la première
    fois…&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il me sourit, m’embrasse et m’entraîne derrière lui après que nous ayons récupéré nos sacs. Je jette un œil autour de moi, sur l’herbe haute,
    jaunie et sèche, sur les arbustes dégingandés, les potées envahies. L’état du jardin m’interpelle&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Art, excuse-moi de changer de sujet, mais ton jardin ressemble à une jachère après trois mois passés au loin, tu n’as pas eu trop de
    mal à le rattraper après ton séjour à Niwerand&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Cet hiver j’ai eu moins de soucis, nous sommes rentrés à temps, tout était endormi pendant mon absence. J’aurais dû demander les
    services d’un jardinier pour cet été mais je ne pensais pas qu’on partirait si longtemps. Ça n’a pas trop d’importance, j’aime bien m’en occuper. Ça me détend.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je pourrais t’aider un peu&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Uniquement si tu en as envie.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;C’est le cas, j’aimerais bien mettre des fleurs et quelques simples dans tes pots, si tu veux bien.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je le laisse en paix le temps qu’il déverrouille la porte d’entrée, il s’efface pour que je rentre la première puis me suis. Nous montons à
    l’étage pour défaire nos sacs. Je mets de côté les affaires propres récupérées chez Ghislain puis je jette en tas tout ce qui est sale&nbsp;: cela fera du travail pour les lavandières du
    quartier. Ensuite j’aide Arthus à faire le lit et il me lance, sourire en coin&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Cette fois-ci tu ne refuseras pas d’y dormir&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Non&nbsp;! Au contraire je serais terriblement vexée que tu m’assignes le canapé.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Tu te rends compte que demain… Ça fera deux mois.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;C’est passé vite, j’ai du mal à réaliser.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Ce n’est rien deux mois, pourtant j’ai l’impression que… Je ne sais pas de quelle façon expliquer ça. Nous avons partagé tant de choses
    avant même d’être ensemble.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je comprends ce que tu veux dire, il ne faut pas qu’on s’inquiète davantage de ce qui aurait pu nous séparer, nous sommes ensemble
    c’est le plus important.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il me prend dans ses bras, me serre contre lui. Je crois qu’il aimerait dire encore quelque chose mais il est surpris par ses propres
    émotions. Nous passons la fin d’après-midi à discuter et à nous reposer, sans parler de ce qui nous attend cette semaine&nbsp;: nous voulons profiter de notre première soirée à nous. Je me
    permets de visiter un peu plus la maison, qui me paraît plus grande que dans mes souvenirs. Je découvre qu’il y quelques pièces qui ne sont pas vraiment utilisées puis je retrouve le bureau, je
    m’y plais toujours autant et j’ai hâte de me blottir devant la cheminée lorsque les frimas seront de retour. Pour le moment l’été nous recouvre toujours de son écrasante chaleur, retenue avec
    peine par les murs de pierre.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">En repassant dans le couloir, je suis étonnée par quelque chose que je n’avais pas vu auparavant. Pourtant je suis passée plusieurs fois
    devant, j’en suis certaine&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Art, qu’est-il arrivé à ton chandelier en étain&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je l’ai abimé. Je l’ai ressorti avant de partir pour le faire réparer mais je n’ai pas eu le temps de m’en occuper.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Tu l’as fait tomber&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;On peut dire ça…&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il me regarde si étrangement que je reste perplexe, la mine interrogative. Soudain il parcourt l’espace qui nous sépare, me prend dans ses
    bras et m’embrasse avec une sauvagerie qui réveille aussitôt en moi un profond désir.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Verdana;"><span style="mso-ansi-language: NL;" lang="NL">«&nbsp;Je te l’ai dit…</span> J’ai très mal pris que tu sois partie te réfugier
    chez Oedun. Ce soir là lorsque je suis rentré et que j’ai trouvé ton mot, j’ai perdu mon sang froid. Je connaissais les raisons de ta fuite et je ne pouvais que les approuver mais
    je...</span></span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Tu as passé tes nerfs sur ton chandelier&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;En effet, bien que ce ne soit pas un geste habituel de ma part.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Je sais, c’est même très étonnant, ça ne te ressemble pas. C’est un peu inquiétant que je puisse te faire cet effet-là.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Non, je te rassure, c’est un autre effet que tu as sur moi…&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Premier jour du neuvième mois</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Comment un homme peut-il en si peu de temps développer une telle symbiose avec sa monture&nbsp;? Cela fait près d’une heure que j’admire mon
    frère et son étalon, qui donnent l’impression de danser plutôt que d’exécuter des exercices de dressage. Je ne suis d’ailleurs pas la seule à avoir les yeux sur ce couple exceptionnel. Atalaï est
    magnifique, juste mélange de puissance et de souplesse, sa robe noire se couvrant d’un peu d’écume sous les efforts qu’il fournit. Tristhan est si précis, si discret, qu’il semble le mener par
    transmission de pensées. Je dois avouer que c’est tout juste si je devine la façon dont il se sert de son assiette.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous nous sommes retrouvés avec retenue, désireux de ne pas nous donner en spectacle, pourtant la joie de mon frère de me revoir en bonne
    santé était flagrante. Je l’ai rassuré pour ce qui concerne les séquelles de ma chute, je lui ai promis de lui en dire plus lorsque nous serons à l’abri d’oreilles indiscrètes. J’ai ainsi pu lui
    dévoiler, à demi-mot, que j’ai terminé ce que j’avais commencé mais qu’il me reste une part non négligeable à gérer&nbsp;: je vais passer de nouveau devant une commission composée d’Élus et
    peut-être aussi de dirigeants de la Garde Royale. J’espère juste qu’un certain chancelier ne forcera pas pour y être invité. Tristhan m’a fait remarquer, à juste titre, que je m’en étais plutôt
    bien sortie presque six mois plus tôt, dans des circonstances similaires.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">J’ai longuement réfléchis avant de lui répondre. À l’époque j’en savais beaucoup moins, j’ignorais être moi-même l’enjeu d’intérêts qui me
    dépassent encore. Tout est maintenant différent&nbsp;: j’ai appris certains faits, compris certains actes, j’ai une vision différente car je sais quelles pourraient être les conséquences d’un
    manque de discrétion de ma part. La trame est fragile, bien que par sa nature elle soit en perpétuel mouvement, à se faire et se défaire, elle ne peut pas se réparer d’elle-même. Un simple accroc
    la met en danger, ce qui peut avoir des répercussions graves. Cela dépasse les querelles terre à terre de nos dirigeants, qui pour la plupart sont incapables d’appréhender la problématique dans
    son ensemble puisque qu’ils ne croient même pas à sa réalité. À l’exception de D’Etressange, dont je suis persuadée qu’il en sait plus qu’il ne me l’a dit explicitement, mais que je ne suis pas
    parvenue à cerner.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je ne suis plus certaine de rien au sujet de cet homme donc par principe je conserve ma défiance. En protégeant ce que je sais ou ce que je
    crois savoir, j’évite qu’il l’apprenne d’une façon détournée. Lui ou un autre, c’est du pareil au même. C’est tout cela que j’ai avoué à mon frère, ainsi que le fait que je risque donc de perdre
    ma place confortable aux archives de l’Université, mais ce sera secondaire. C’est à ce sujet que Tristhan a réagit&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Tu souhaites rentrer à Niwerand&nbsp;?&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je l’ai de nouveau dévisagé, avant de lui avouer, rougissante, qu’il n’était plus question pour moi de quitter Aleenor. Je lui ai expliqué que
    nous sommes bel et bien arrivés hier mais que ce n’est pas chez Ghislain que je me suis posée. Il a aussitôt compris, je l’ai deviné car il a cherché Arthus du regard. J’ai passé un moment
    inconfortable à me demander ce que Tristhan pouvait bien en penser tant il était inexpressif. D’autant plus que le principal intéressé, se sentant épié, s’est tourné vers nous, interrompant sa
    conversation avec d’autres Gardes. Il y a eu comme un flottement au cours duquel j’ai vu les mâchoires de mon frère se serrer. Puis il m’a sourit&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;C’est quelqu’un de bien, j’en suis content pour toi. Je suis certain qu’Alhia va être ravie de son côté.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Ne m’en parle pas, je préfère ne pas y penser.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Devant l’expression pleine de curiosité de mon frère, j’ai pris le parti de me taire sans rien ajouter. Ma meilleure amie voulait me pousser
    dans les bras d’Arthus dès la fin de l’an passé, ses chevilles ne vont pas s’en remettre quand elle va avoir confirmation qu’elle avait raison dès le départ. Tristhan était encore tendu et j’ai
    deviné que c’était lié à ce qui l’avait poussé à me laisser en arrière, à Montay&nbsp;: il repensait à ses souvenirs qui le perturbaient, se demandant sans doute s’il devait les partager et si le
    moment est adapté. Alors j’ai pris l’initiative de lui en parler, je lui ai avoué que lors de mon expérience avec la trame, j’avais retrouvé certain pans de mémoire. Son visage s’est crispé, il
    semblait ressentir une profonde douleur lorsqu’il m’a murmuré&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Nous avions un petit frère et je n’arrive pas à me souvenir de son nom…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Il s’appelait Ethan.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Il m’a regardé avec un air tellement soulagé que j’ai du me retenir pour ne pas le prendre dans mes bras. Nous avons parlé de choses et
    d’autres pour nous détendre, il m’a félicité pour l’état d’Artiste et m’a proposé d’assister à sa reprise avec Atalaï. Je n’aurais manqué cela pour rien au monde.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">J’admire la façon dont il s’est détaché alors que nous venons d’aborder des sujets très personnels&nbsp;: il est concentré sur ce qu’il fait,
    attentif à la moindre réaction de son étalon. Arthus fait aussi parti des personnes qui les observe mais il reste à une certaine distance de moi. Nous nous contentons d’un petit sourire l’un vers
    l’autre avant de poser de nouveau nos yeux sur Tristhan et Atalaï. D’autres cavaliers rejoignent la carrière et je reste pour le plaisir de les voir travailler.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Juste après que mon frère ait mis pied à terre, un courrier est apporté à Arthus qui me fait signe d’approcher. Il me le tend pour que j’en
    prenne connaissance. Les Élus sont rapides&nbsp;: ils ont appris mon retour par le biais d’un porteur de messages que je leur ai envoyé ce matin et m’invitent déjà à reprendre mon poste à la
    bibliothèque dès que possible. La date de ma reprise sera convenue pendant un entretien qui doit avoir lieu demain matin. Il nous faut prévenir Thraec et Oedun car cet entretien n’a pas pour
    unique objectif la reprise de mes recherches aux archives&nbsp;: il sera suivi d’une réunion sur notre mission dans le massif de Corday.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">J’aurais aimé passer l’après-midi sereinement à me promener aux alentours du marché, à faire les boutiques, ce qui n’est pas raisonnable. Je
    suis toujours tenue de faire attention à ne pas me mettre dans une position délicate vis à vis d’un certain Chancelier. Si les Élus ont réagi si vite, il y a fort à parier que D’Etressange sera
    au courant lui aussi dans la journée, si ce n’est pas déjà le cas. Il pourrait donc reprendre sa surveillance à mon encontre. Peut-être que j’exagère son intérêt pour moi mais ses séjours à
    Montay m’ont laissé une impression indélébile&nbsp;: je devrai dorénavant me méfier de lui, même si je compte bien reprendre mes habitudes et ma liberté de mouvements dès que toute cette affaire
    sera bouclée. En attendant je préfère me montrer patiente. Pendant le déjeuner que j’ai partagé avec les Gardes, nous avons décidé de nous réunir en petit comité chez Ghislain ce soir, lorsque
    Thraec nous aura rejoints. Oedun connaît déjà le chemin, il nous retrouvera à l’appartement.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: right;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><span style="font-size: 8pt;"><a href="http://www.plumes-sauvages.net/article-26660948.html">Suite</a></span></span><br>
  </div>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">...</span><br>
  </div>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 04 Jan 2009 20:06:00 +0100</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-26420619.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-26420619-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ces choix qui n'en sont pas (1)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-26253328.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 8pt;">(Besoin de vous remettre la fin du chapitre 21 en tête ? <a href="http://www.plumes-sauvages.net/article-19660245.html" target="_blank">C'est par ici</a> !)<br>
    <br>
    Dans les pas de Roanne - Chapitre 22 "Ces choix qui n'en sont pas" - Partie&nbsp;1 - Tous droits réservés -</span><br>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Quelle étrange sensation que celle de revenir à Aleenor après trois mois au loin. C’est la fin de semaine, le jour le plus calme, celui où la
    plupart des gens restent chez eux en famille et ne travaillent pas. De ce fait nous passons la porte nord sans croiser autant de badauds que le jour où j’ai mis pour la première fois les pieds
    dans la capitale. Nous avançons cependant au pas, sans nous presser. En cette fin de matinée, nous avons tout notre temps et nous ne sommes pas impatients de nous séparer de Thraec. Arrivés au
    parc central nous prenons à gauche vers l’est, passons devant l’Université et poursuivons vers le sud. Le chasseur nous quitte alors pour rejoindre sa confrérie, nous mettons pied à terre pour le
    saluer et flatter une dernière fois son fidèle sanglier. L’animal bougonne pour le principe&nbsp;: nous savons tous qu’il adore qu’on lui gratte l’épaule ou le ventre.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous remontons en selle, l’humeur moins légère. Pourtant nous allons revoir le chasseur puisqu’il nous accompagnera à l’Université&nbsp;: tout
    travail mérite salaire et nous avons la preuve qu’une créature a été abattue. Évidemment, nous n’avons pas prévu d’expliquer dans les détails la façon dont cela s’est passé, au niveau officielle
    il s’agira du résultat de la collaboration étroite entre un chasseur et des Gardes Royaux. Oedun siffle un air que je connais et je commence à chanter dessus, accompagnée par Belvis. Arthus
    secoue la tête avant de se joindre à nous. Soudain notre poète s’arrête et nous lance, sarcastique&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Heureusement que vous n’avez pas chanté pendant tout le voyage, je ne l’aurais pas supporté&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous éclatons de rire et nous arrivons à la Garde Royale en échangeant de charmants quolibets. Nous contournons l’institution à seule fin de
    passer par la petite porte que je connais bien pour l’avoir beaucoup fréquentée. Nous mettons de nouveau pied à terre, Arthus et Belvis se rapprochent de leurs collègues qui surveillent l’entrée.
    Les échanges sont sereins, les plantons semblent ravis d’avoir un peu d’occupation car la fin de semaine a été calme, nous restons pour discuter avec eux. Ils nous permettent de prendre la
    température, de saisir les évènements qui se sont passés non seulement dans la Garde mais aussi aux alentours, pendant notre absence. Nous leur promettons de repasser après avoir soigné nos
    montures et nous menons ces dernières à travers les bâtiments et les carrières jusqu’aux écuries. Nous ne dérangeons pas les palefreniers, même si ceux qui sont présents viennent à leur tour
    discuter avec nous, demander de nos nouvelles et vérifier l’état des chevaux et de leurs fers. Nous pansons les quatre animaux qui retrouvent ensuite leur box. Je sens Oedun un peu triste de
    quitter celui qui l’a accompagné ces dernières semaines, sorti en douce par Ghislain avec l’aval de Maître d’Habertii. Une dernière caresse sur l’encolure de son compagnon de chevauchée puis il
    nous suit. À mon grand soulagement, les deux Gardes Royaux décident d’attendre demain pour officialiser leur retour du point de vue administratif. Pour le moment, nous nous contentons de jeter un
    œil sur les chevaux présents. Je note la présence de Pom-Pom, Atalaï et des montures de mes autres amis de la Garde. C’est bon signe, ils ne sont pas partis au bord du lac ou du moins pas encore.
    J’avais en effet l’espoir de récupérer quelques affaires chez Ghislain avant de suivre Arthus chez lui.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Après avoir salué les palefreniers et les quelques Gardes présents, nous retournons discuter avec ceux qui surveillent la porte. Ensuite nous
    prenons la direction de l’appartement de Ghislain en croisant les doigts pour qu’il soit chez lui. Nous redécouvrons la ville tout en marchant du lent rythme de la promenade, nos sacs sur nos
    épaules. Nous avions laissé Aleenor alors qu’elle était habillée de divers tons de vert printanier. Nous la retrouvons sous la sécheresse de l’été, vêtue de couleurs plus sombres, écrasée par la
    chaleur. Nous nous enfonçons dans le quartier de Ghislain puis nous trouvons son immeuble, déjà avides de nous abriter au frais. Nous grimpons rapidement les escaliers les uns derrière les
    autres, Belvis en tête, c’est donc lui qui frappe à la porte. Quelques instants s’écoulent puis Ghislain nous ouvre, écarquille les yeux puis enfin nous salue, ravis de nous voir.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Ça alors&nbsp;! Vous êtes de retour&nbsp;! Et vous arrivez juste pour le déjeuner, comme par hasard&nbsp;! Comment
    allez-vous&nbsp;?&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous le suivons dans son salon tout en lui répondant, posons nos sacs et notre discussion vire à la cacophonie puisqu’il a évidemment des
    invités. Je me demande s’il arrive à Ghislain de profiter seul de son appartement. Je note d’un coup d’œil que Tristhan et Alhia ne sont pas présents puis je retrouve Viviane avec plaisir, même
    si sa première réflexion porte sur notre tenue de voyageurs&nbsp;: il semble que nous ayons bel et bien besoin d’un bain. Cela ne m’empêche pas de prendre de ses nouvelles avec avidité. Elle
    m’avoue dans un murmure qu’elle entend toujours un peu moins bien et qu’il lui arrive d’être sujet à des mots de tête, mais elle semble ne pas souffrir plus que cela de sa mauvaise expérience.
    Elle se rapproche de Belvis pour lui demander de ses nouvelles. Si ce dernier a aussi des migraines, il a su nous le cacher de façon remarquable. Je crois plutôt qu’il a eu moins d’effets
    secondaires que la jeune femme.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je les laisse discuter pendant que la confusion ambiante augmente encore et je n’arrive plus à définir qui dit quoi, entre Arthus qui raconte
    notre retour, Oedun qui fait des politesses, Ghislain qui continue à prendre des nouvelles, le reste des invités qui s’y met. Seul Desle, toujours aussi discret, a l’air faussement détaché. En
    réalité je vois bien qu’il ne perd pas une miette des échanges, il s’en amuse. Puis dans la conversation s’élève une voix que je connais mais que je n’ai pas entendue depuis longtemps, une voix
    masculine dont je cherche aussitôt le propriétaire&nbsp;: Encelin est revenu lui aussi. Il sort juste de la pièce de travail de Ghislain, ce qui explique que je ne l’avais pas vu.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je m’approche de lui pour le saluer, un peu confuse à l’idée que ce qui s’est passé entre lui, ma meilleure amie et mon frère puisse provoquer
    une gêne. De ce fait, je ne suis pas étonnée de constater qu’il est un peu tendu lorsque je lui offre ma main, ce qui a tout de même pour effet de m’arracher un sourire nerveux. Heureusement il
    se reprend et engage la conversation, m’expliquant qu’il est revenu depuis près de deux mois. Nous nous sommes toujours bien entendus à Niwerand, surtout pendant les corvées de bois et les
    batailles dans la neige. Sans même parler de tous ces moments passés à cheval. J’espère qu’il s’en souvient et qu’il acceptera mon amitié sans arrières pensées. Je sens tout de même un nœud se
    former dans mon estomac&nbsp;: mon frère sera amené à travailler avec lui, réussiront-ils à conserver une relation neutre&nbsp;? Alhia ne m’a jamais avoué en détail ce qu’il s’était passé avec
    Encelin. Bien qu’elle m’ait affirmé que la rupture venait du Garde, je la soupçonne d’avoir joué avec lui avant de l’abandonner pour rejoindre au plus vite Aleenor, soupirant toujours après
    Tristhan et avide de gagner son indépendance loin des pressions familiales.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Après tout, pourquoi me rendre malade avec tout cela&nbsp;? Leurs affaires de cœur ne sont pas les miennes. Je n’ai pas à y intervenir, pas
    plus que je ne dois me laisser perturber par ces détails. D’autant plus que j’ai des problèmes autrement plus importants à régler dans les prochains jours. Le simple fait d’y penser me trouble et
    je perds un instant le fil des échanges. Je remets les pieds sur terre lorsque quelqu’un m’attrape le coude&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Tu te sens bien&nbsp;?&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">La voix d’Arthus, chaude et grave, m’apaise aussitôt. Je lève le visage vers lui, presque reconnaissante de son attention alors que nous
    sommes entourés. Je n’ose pas me montrer trop démonstrative, malgré tout, je me contente donc de hocher la tête pour le rassurer et de lui avouer à voix basse&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Je commence à avoir faim, je crois, mais j’imagine que nous ne pouvons pas abuser de l’hospitalité de Ghis.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Ils ont tous l’intention d’aller déjeuner dans une taverne, à quelques rues d’ici. J’ai proposé que nous allions rapidement nous laver
    puis qu’on les rejoigne là-bas. Au moins tu pourras te changer pour te sentir plus à l’aise.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Mais, côté vêtements, comment allez-vous faire avec Belvis et Oedun&nbsp;?&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Belvis éclate de rire et répond à ma question&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Merci de te soucier de notre confort&nbsp;! Pour le poète aucun souci&nbsp;: Ghis peut lui en prêter. Pour les deux grandes perches que
    nous sommes avec Arthus, on ne va pas avoir le choix et récupérer ce qui est encore correct dans le fond de nos sacs. Allez&nbsp;! On file, moi aussi j’ai faim&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">En quelques minutes nous avons choisi nos affaires et rallié les bains du quartier. J’abandonne mes compagnons après leur avoir promis de ne
    pas traîner. Je me lave avec l’impression de me décrasser pour la première fois de façon efficace depuis mon départ de Montay. Je me sèche, enfile des sous-vêtements, une robe légère puis
    j’attache mes cheveux encore mouillés en un chignon lâche. Lorsque je sors, les trois hommes m’attendent, ce qui me fait froncer les sourcils de dépit car j’espérais bien les prendre de vitesse,
    histoire de leur prouver que je pouvais faire vite. Après nous être débarrassés de nos affaires sales dans l’appartement de Ghislain, nous rejoignons en sa compagnie le groupe qui nous a
    précédés.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Pendant tout le repas, nous faisons attention à nos paroles. Ce n’est pas si simple de discuter avec des amis tout conservant pour soi
    certains faits, certaines expériences. Arthus et Belvis sont déjà rompus à l’exercice par leur fonction. Oedun s’en sort bien car il a lui aussi l’habitude de tenir sa langue. Je me raccroche à
    mon expérience aux Trois-Dragons, à toutes ces choses que l’on m’a confiées et qu’il ne fallait surtout pas que je rapporte accidentellement à une tierce personne. Le temps passe et je constate
    que le discours mis au point avec les hommes qui m’ont accompagnée ces dernières semaines est cohérent&nbsp;et convaincant. De temps en temps, lorsque la conversation s’essouffle, j’en profite
    pour me servir de ma capacité à voir les auras. Comme toujours, Oedun sent si je le sonde de façon trop brutale. Je me fais la promesse d’apprendre à user de ce don avec plus de tact, jusqu’à ce
    que lui non plus ne réagisse pas.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Nous traînons si bien à table que l’après-midi est bien avancé lorsque nous terminons nos desserts. C’est alors que je me souviens qu’il
    serait temps de demander à Ghislain si je peux prendre une partie de mes affaires et lui laisser le reste. Il me regarde tout d’abord d’un air étrange, visiblement il ne comprend pas ma requête.
    Arthus intervient alors, tout en me prenant la main.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Roanne emménage avec moi dès ce soir, mais nous ne pouvons pas prendre tous ses effets, nous passerons les chercher lorsque nous en
    aurons l’occasion.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Viviane réagit la première, pour nous chambrer d’avoir attendu si longtemps pour nous dévoiler, puis nous remercier de lui avoir fait gagner
    son pari. Aussitôt tout le monde s’y met et je me cache derrière mes mains&nbsp;: si je voulais une liaison discrète, j’en suis pour mes frais. D’autant qu’Arthus se veut faussement
    apaisant&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Allons, du calme je vous en prie, vous la faites rougir&nbsp;!</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Non mais&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Je tente de lui flanquer un coup de pied sous la table pendant que Belvis ajoute&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">«&nbsp;Au moins, il y en a deux qui ne vont pas s’ennuyer&nbsp;!</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">—&nbsp;Mais c’est quoi cette histoire de pari&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Ils m’achèvent tous en éclatant de rire. Je crois qu’il me faudra passer Viviane à la torture dans les prochains jours…<br>
    <br>
    <a href="http://www.plumes-sauvages.net/article-26420619.html">suite</a><br>
    <br>
    ...</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 30 Dec 2008 11:12:00 +0100</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-26253328.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-26253328-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La poursuite (8)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-19660245.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana;">Dans les pas de Roanne - Chapitre 21 "La poursuite" - Partie 8 - Tous droits réservés -<br>
    <br>
    <br></span>
  </div>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">22<sup>ème</sup> jour du huitième mois</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Le soigneur quitte l’appartement d’Arthus et je sais maintenant que je ne le reverrai que si je reviens à Montay. Je lui ai fait mes adieux et
    je l’ai remercié encore une fois. En sortant, il va trouver Isabelle et officialiser ma guérison, indiquant au passage que je peux me remettre à cheval doucement et reprendre le chemin de la
    capitale. Heureusement que cet homme n’est pas étouffé par son amour propre et qu’il accepte sans complexe de rentrer dans notre jeu en admettant une erreur de diagnostic qu’il n’a jamais
    faite.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">J’ai eu une longue conversation avec lui, nous avons aussi parlé des soucis de santé proprement féminins qu’il n’est pas toujours facile
    d’aborder. Je lui ai fait part de mon souhait de poursuivre les médecines jusqu’à mon retour afin de ne pas me retrouver dans une situation inconfortable pendant le voyage. Je sais que je vais le
    payer en migraine et maux de ventre, mais je ne pense pas avoir vraiment le choix. À ma grande surprise, le soigneur m’a alors donné les coordonnées de l’une de ses consœurs d’Aleenor,
    m’affirmant que je pouvais la consulter en toute confiance en cas de problème intime. Je range précieusement l’adresse dans les affaires personnelles que je prépare déjà en vue de la nouvelle
    chevauchée.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Hier, alors que je donnais de nouveau une leçon d’équitation à Guillaume, Belvis est venu nous trouver dans la carrière la mine sombre, pour
    m’avouer que le chancelier faisait tout pour rester à Montay à seule fin, visiblement, de s’intégrer à notre groupe pour le voyage de retour. Devant mon air effaré, Belvis a éclaté de rire, ce à
    quoi j’ai rétorqué&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">«&nbsp;Tu peux te moquer&nbsp;! Je pense pourtant qu’il est aussi inconfortable pour toi que pour moi d’avoir à poursuivre ce jeu de dupe. Bon
    sang, je ne me vois absolument pas continuer cette mascarade pendant huit jours, c’est déjà épuisant et pourtant je passe mes journées à éviter D’Etressange. Ce qui sera impossible si nous
    voyageons avec lui… Il sera constamment sur notre dos&nbsp;!</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;Ne panique pas… D’après ce que j’ai compris, il s’est donné comme prétexte de partir en même temps que Camille pour assurer la rentrée
    de la chancellerie. Il dit que les hommes qui l’accompagnent pour sa sécurité profiteraient aussi à sa chère collègue. Bien entendu il étend cette généreuse proposition à notre petit groupe. Mais
    Arthus argumente que tu n’es pas encore en état de voyager et que Camille ne va pas se mettre en retard pour t’attendre.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;Je me demande comment nous allons organiser tout ça…&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Encore aujourd’hui, c’est la question qui me taraude le plus pendant que je descends pour rejoindre la pièce principale. J’espère que
    quelqu’un aura des nouvelles à me donner. J’ai alors la chance de croiser Claude qui m’entraîne vers l’écurie tout en me félicitant pour le retrait de mon attelle. Je comprends alors que
    D’Etressange est à portée de voix et qu’il faut lui donner le change. Je joue donc le jeu, remercie donc l’époux de Geneviève pour ses attentions tout en prétendant que j’ai hâte de remonter à
    cheval mais que je souhaite m’y remettre en douceur&nbsp;: cette chute m’a vraiment effrayée. Claude me fait alors un grand sourire&nbsp;: ma réponse est visiblement bien trouvée. Lorsque nous
    atteignons la carrière, après avoir marché en silence, nous ne pouvons nous retenir d’éclater de rire. Arthus et Belvis, qui entraînent leur monture, s’arrêtent alors en s’interrogeant
    visiblement sur la cause de notre hilarité.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Nous rentrons au château pour le déjeuner à l’issue duquel je peux enfin respirer librement&nbsp;: Camille a décidé de partir demain de très
    bonne heure avec D’Etressange. Je ne sais comment remercier la cousine d’Arthus, qui nous retire une énorme épine du pied et qui devra marcher sur des œufs pendant son trajet de retour. Par
    solidarité, Laus décide de l’accompagner, ce qui se justifie par le fait qu’ils ont l’habitude de voyager ensemble.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">À partir de ce moment tout s’enchaîne très rapidement&nbsp;: nous partirons nous-même après-demain et nous chevaucherons à petit train, du
    moins les premiers jours, pour nous assurer que nous ne rattraperons pas les cousins d’Arthus. Je me demande si cette hâte est justifiée&nbsp;: le chancelier sera forcément informé à un moment ou
    un autre que nous avons pris la route juste derrière lui, ne serait-ce que par ses espions. Je suis stupéfaite car c’est Oedun qui me répond&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">«&nbsp;Cela n’a plus vraiment d’importance. Cet homme sait une partie de ce que nous avons fait ces dernières semaines même s’il n’a pas de
    preuves pour nous contraindre à en parler. Il est surtout important de rentrer au plus vite à Aleenor pour nous mettre en sécurité d’une part et clore cette histoire.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Je dévisage le poète, puis les Gardes Royaux&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">«&nbsp;Vous avez recommencé&nbsp;! Vous avez encore eu l’une de vos petites conversations dans mon dos…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;Ne te vexe pas, nous y avons été un peu contraint et il était délicat de te parler sans que le chancelier soit comme par hasard dans
    les parages.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;D’accord Belvis, mais c’est agaçant&nbsp;!&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Nous devons interrompre nos échanges justement parce que l’invité de marque de la famille de Montay nous rejoint. J’essaye alors de me faire
    discrète. Depuis deux jours, dès qu’il en a l’occasion, il essaye d’aborder avec moi des sujets délicats sur lesquels je n’ai vraiment pas envie de m’étendre. Surtout lorsqu’il s’agit du
    Talent&nbsp;: une seule fois j’ai accepté d’en discuter avec lui pour m’apercevoir, très surprise, qu’il en sait beaucoup. Trop peut-être, d’où la surveillance dont il fait l’objet par le Petit
    Peuple. Même Niña l’espionne, mais elle m’a confirmé ce que je sais déjà grâce au merveilleux sixième sens que je maîtrise de mieux en mieux&nbsp;: D’Etressange ne voit pas les lutins. Pourtant
    je m’avoue tout de même gênée car lorsque je le sonde, je trouve son aura étrange… et Oedun a constaté la même chose. Mais il est incapable de me dire ce que cela peut bien signifier.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">24<sup>ème</sup> jour du huitième mois</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Nous quittons Montay partagés entre l’impatience de retourner à Aleenor et la tristesse de laisser des gens que nous aimons derrière nous. Il
    a été très dur pour Arthus de quitter de nouveau ses neveux. D’autant qu’hier ils avaient déjà fait une scène en voyant partir Laus et Camille. Wilfried ne voulait pas lâcher son cousin, ce fut
    terrible, et la Danthienne est intervenue discrètement pour aider l’enfant à accepter cette séparation. J’ai été contrainte de prendre aussi sur moi&nbsp;: Niña a décidé d’accompagner le
    sculpteur afin de garder un œil sur le chancelier et d’intervenir éventuellement si besoin est. Je connais la capacité des lutins à trafiquer les souvenirs s’il le faut, mais j’espère que la
    lutine n’aura pas à le faire.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">J’ai préparé moi-même Artiste, heureuse de retrouver mon alezan en parfaite santé et reposé de notre précédente chevauchée. Je sais que le
    Petit Peuple n’y est pas étranger. Même les autres montures sont fraîches, c’est impressionnant. À cela s’ajoute le fait que leurs fers ont été changés et que nos cuirs ont été savonnés,
    graissés, ils sont en parfait état. Nous choisissons de ne pas nous attarder dans la cour. La séparation la plus difficile, quand on y songe, reste celle que nous avons eu hier soir avec Fabian.
    Nous sommes passés le voir pour lui faire nos adieux et je devine trop bien la douleur d’Arthus à l’idée qu’il puisse ne jamais revoir son père, si sa santé venait à se dégrader dans les mois qui
    viennent avec le retour de la mauvaise saison. Je partage cette crainte.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Nous saluons une dernière fois les habitants du château, les gens qui y travaillent, toutes ces personnes que nous avons côtoyées, puis nous
    quittons l’enceinte. Au bourg nous retrouvons Thraec, sa monture et son sanglier&nbsp;: nous les entraînons avec nous. Le chasseur ne parle pas spécialement des hommes de main de D’Etressange. Je
    me doute qu’il a déjà communiqué aux Gardes Royaux tout ce qu’il a pu apprendre. Je ne m’en formalise pas, je préfère discuter avec lui des dernières constellations qu’il m’a apprise. Après une
    journée de douce chevauchée, le ciel étant dégagé, je les révise à ses côtés avant de monter me coucher dans la chambre de l’auberge dans laquelle nous faisons étape.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">31<sup>ème</sup> jour du huitième mois</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Le voyage s’est bien déroulé, sans accrocs, sans imprévus. Notre petit groupe se prépare cependant à se séparer. Thraec va rejoindre la
    communauté de chasseurs d’Aleenor pour son hébergement et restera le temps nécessaire dans la capitale, au cas où Arthus aurait besoin de son soutien. Tous cherchent tellement à me préserver que
    je ne sais pas encore comment cela va se passer avec les pontes de la Garde Royale et avec les Élus. J’ignore lesquels sont informés de la poursuite de la traque que nous avons décidé de mener.
    Tout ce que je sais, pour avoir eu le temps d’en parler avec Oedun et Niña, c’est que je devrai protéger une grande partie de ce que j’ai appris.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Cela me paraît nécessaire, j’ai retrouvé une partie de la mémoire liée à l’emploi des flux, mais j’ignore quel usage il pourrait en être fait.
    J’ignore encore trop de choses, pourtant j’en devine les dangers. C’est pourquoi je me suis faite à l’idée que le Petit Peuple tient ce rôle de gardien des souvenirs, nécessaire pour le cas où
    les évènements que nous avons vécus se reproduiraient. Il ne me paraît pas nécessaire, dans ces conditions, de les faire connaître et de les consigner par écrit&nbsp;car ce serait dangereux. De
    plus, rien ne prouve que les personnes qui pourraint éventuellement en avoir besoin en auront connaissance au moment le plus opportun. Mes propres recherches dans les archives ont été bien
    insuffisantes pour m’aider.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Pourtant j’ai aimé ce travail de documentation, j’y repense tandis que nous contournons le lac et que nous approchons des murailles d’Aleenor.
    J’aime le métier que j’ai appris aux côtés d’Adrien, de Lison et de mes autres collègues. C’est pourquoi j’espère que ma volonté de partager le retenue du Petit Peuple au sujet du mythe des Trois
    Dragons et de sa réalité ne se paiera pas par la perte de mon poste. J’espère pouvoir rester à l’Université.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">J’ai aussi une autre raison de m’angoisser&nbsp;: je vais retrouver mon frère et il me faut lui expliquer le changement qui s’est opéré ces
    deux derniers mois dans ma vie personnelle. Je comprends maintenant l’anxiété qui avait été la sienne lorsqu’il s’est rapproché d’Alhia. Je m’en étais réjouie pour eux en toute sincérité, mais
    aura-t-il la même réaction&nbsp;? Il travaillera avec Arthus, cela risque de rendre nos relations assez compliquées. Pourtant, alors que nous entrons dans la capitale, ce dernier me sourit et je
    sens le nœud que j’avais dans l’estomac disparaître. Tout se passera bien. Il ne peut en être autrement. Nous en avons discuté ces derniers jours et j’ai accepté sa proposition de venir habiter
    avec lui dès ce soir. Rien ni personne ne pourrait nous en empêcher&nbsp;: nous voulons être ensemble et nous ferons front contre toutes les attaques dont nous pourrons faire l’objet.</span><br>
  </p>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana;"><br>
    <br>
    <a href="http://www.plumes-sauvages.net/article-26253328.html">suite<br></a><br></span>
    <div style="text-align: center;">
      <span style="font-family: verdana;">...</span>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 18 May 2008 10:28:00 +0200</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-19660245.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-19660245-6.html#c</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La poursuite (7)]]></title>
        <link>http://amonsul.over-blog.com/article-19240789.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana;">Dans les pas de Roanne - Chapitre 21 "La poursuite" - Partie 7 - Tous droits réservés -</span><br>
    <br>
    <br>
  </div>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">La remarque du chancelier est pertinente et prouve qu’il a le nez fin… Quelle misère que je n’ai pas eu le temps de prendre un bain&nbsp;!
    Cependant, il n’est pas question de me laisser démonter&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">«&nbsp;Cela s’explique par le fait que j’aide le jeune Guillaume de Montay dont le poney a un excellent coup de saut. J’ai péché par manque
    d’hygiène et je suis désolée de vous avoir incommodé, mais mon mal de tête m’a prise au retour de l’écurie, je n’ai pas eu la force d’aller me laver.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">L’homme est obtus, à la façon dont il me regarde je suis persuadée qu’il reste sur ses positions. Mais je refuse de rentrer dans ce jeu-là, de
    ma part il aura toujours un discours identique. Pour le moment je dois jouer la jeune énamourée qui retrouve son bel amant et j’avoue que pour ce rôle là je n’ai nul besoin de me forcer. Quelques
    heures de séparation et Arthus me manque déjà. Je n’aurai aucun mal à faire croire que nous ne nous sommes pas vus depuis des jours.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Lorsque j’arrive dans la cour, le chancelier sur les talons, je croise Belvis qui fronce les sourcils lorsqu’il avise la présence de ce
    dernier. Je lui fais discrètement signe que tout va bien, nous aurons l’occasion d’en discuter. De ce fait le jeune Garde joue parfaitement le jeu, s’enquière de ma santé, salue le politicien et
    lui demande ce qui nous vaut l’honneur d’une deuxième visite de sa part. Arthus arrive de l’écurie alors que nous en sommes encore au stade des politesses, accompagné des femmes de sa famille et
    de son beau-frère. Les conversations vont bon train pendant que nous nous rapprochons discrètement l’un de l’autre. Je ne prends pas le risque de lui parler des affaires qui nous occupent,
    préférant donner le change&nbsp;: je lui demande si son voyage s’est bien passé, pendant que nous retournons dans le château.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Lorsque nous sommes rejoints par Guillaume et Wilfred, ils font la fête aux deux Gardes Royaux tout en parvenant à m’ignorer. Je croise les
    regards de Laus et Oedun lorsqu’ils arrivent à leur tour, juste derrière les deux enfants. Je suppose que c’est leur cousin qui les a surveillé en cette fin d’après-midi et qu’il leur a expliqué
    ce qu’ils devaient faire, qui ils devaient accueillir ou non. Je croise les doigts&nbsp;: pourvus que les petits ne fassent aucune maladresse.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">À cette heure tardive, le soleil commence à se coucher. Le repas est cependant retardé pour permettre aux voyageurs de se laver. J’en profite
    pour me rendre à la salle de bain avec Fanny. La pauvre, cela l’oblige à faire une longue journée, mais au moins je peux prendre de ses nouvelles, lui demander si Fabian de Montay va bien et s’il
    y a eu des évènements dont je dois être au courant ces dernières semaines. Ma priorité est de pouvoir donner le change. Officiellement, je dois rencontrer le soigneur après-demain, soit deux mois
    jour pour jour après ma chute de cheval, afin de vérifier si j’ai encore besoin de mon attelle ou non. C’est à cette occasion que le soigneur confirmera que mes côtes n’étaient pas fracturées et
    que je souffrais plus vraisemblablement d’un froissement musculaire. Ainsi, dans un délai raisonnable, je pourrai reprendre le chemin d’Aleenor. Pour le moment je me laisse aller, je crois même
    que c’est la première fois que j’arrive à me détendre réellement depuis notre départ tandis que je m’abandonne aux soins de Fanny. Je me sens de nouveau bien dans ma peau, féminine, lorsque je
    sors de la salle de bain habillées d’une jolie robe, avec des sandales légères aux pieds, j’en oublie l’attelle que j’ai de nouveau enfilée par dessus un pansement.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Lorsque je passe de nouveau la porte de la salle, j’y retrouve l’ensemble des personnes que j’ai déjà croisées, à l’exception des enfants. Je
    suppose qu’on les a fait manger à part et qu’on les a envoyés se coucher. Cela me permet de respirer plus librement car ils ne risquent pas de laisser échapper un lapsus qui provoquerait
    l’effondrement de toutes nos intrigues. Il faudra tout de même faire très attention ces prochains jours, mais je compte sur leurs parents pour les maintenir à l’écart, autant que possible, du
    chancelier.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Pour le moment, c’est à mes propres paroles qu’il faut que je prenne garde, ce qui ne me rend pas très loquace. Cela me permet d’apprécier le
    repas qui est un véritable délice, tout en écoutant attentivement les discussions. Je m’aperçois d’ailleurs qu’une autre personne a adopté la même stratégie que moi&nbsp;: Oedun est extrêmement
    discret mais ne perd pas une miette des échanges. Il laisse Laus tenir tête avec panache et volubilité à certains points de vue que nous ne pouvons partager avec celui qui s’est invité.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Pour autant, la conversation entre Isabelle, le reste de sa famille, Belvis et le chancelier est riche d’enseignements. Tout n’est pas négatif
    chez ce dernier, ce serait mal le juger. Je m’aperçois d’ailleurs que sa vision des choses est globalement partagée par Camille. Même Arthus est bien contraint d’avouer qu’il est d’accord sur
    certains points. Par contre, il se braque, avec son jeune confrère, au sujet d’un texte de loi dont je n’ai jamais entendu parler vu que je ne m’intéresse pas à ces choses-là. Visiblement, le
    passage de celui-ci donnerait encore plus de pouvoir à la chancellerie. Nous savons tous que depuis quelques générations déjà, la royauté a pour vocation de coaliser notre peuple et de le
    représenter à l’étranger mais que le véritable organe décisionnel est entre les mains des chanceliers. De ce fait, la Garde Royale, je m’en rends compte ce soir, est devenue un enjeu. Certains
    politiciens comme d’Etressange aimeraient en changer le nom et pouvoir l’employer pour leur compte, comme bras armé officiellement à leur solde, alors qu’ils possèdent déjà le contrôle des
    soldats du royaume.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">De ce fait, Arthus défend les intérêts de sa passion première, soutenu par Belvis. Le dialogue reste très serein, chacun argumentant son
    opinion avec respect pour le parti opposé. Je sens bien mon amant se crisper de temps en temps mais il conserve son sang froid, ce qui me permet d’en apprendre beaucoup à la fois sur lui et sur
    sa relation avec la Garde Royale. Je commence à mieux appréhender les soucis qu’il peut avoir en interne&nbsp;: au sein même de l’institution, les avis sont partagés.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Certains dont il fait parti pensent que le statut unique des officiers de la Garde, indépendants par le fait qu’ils rendent compte uniquement
    au couple royal, assure son absence de parti pris dans certains conflits, sans parler des missions qu’ils peuvent effectuer en toute neutralité. Cela permet aussi d’éviter des problèmes
    d’attribution de budgets qui à terme, selon Arthus, rogneraient sur certains rôles historiques tels que le maintient des traditions équestres. Je ne comprends que trop bien le clin d’œil vis à
    vis de l’Université, qui doit toujours compter avec ce que les chanceliers veulent bien lui octroyer. Il y a aussi le problème du recrutement. À ce jour les officiers conservent le droit de
    recruter toute personne qui leur paraît à la fois fiable et talentueuse, mon amant est persuadé qu’un changement de main de la Garde Royale s’accompagnerait d’une révision globale de sa politique
    et il n’est pas prêt à l’accepter. Pour lui, réduire son institution à une simple école formant des officiers d’élite serait un tort grave. Je comprends son point de vue, et lorsque que
    d’Etressange rebondit en notant que la Garde Royale gagnerait tout de même à se moderniser, pour la première fois j’ose intervenir&nbsp;: pourquoi cela ne serait-il pas compatible avec le
    maintient de son indépendance et le respect de ses traditions&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Je me retrouve ainsi prise au piège, le chancelier me regarde avec attention et je me vois contrainte d’expliquer le fond de ma pensée.
    Exercice auquel je me plie en rougissant un peu. Belvis vient cependant rapidement à mon secours, m’aidant d’exemple concrets et je reprends un peu confiance. En digne fille de mes parents,
    j’expose ces idées que je partage depuis toujours avec eux, qui ont fait toute mon éducation&nbsp;: pour moi, évoluer ne signifie pas se parjurer. Je n’hésite pas à ajouter que ce qui fait la
    popularité de la Garde Royale est en partie son image et qu’y toucher est à mon avis risqué.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">D’Etressange a l’air surpris par mon argumentation mais il n’est pas le seul autour de la table. Oedun me fait un clin d’œil, je devine qu’il
    pense exactement la même chose que moi, quant à Laus il lève littéralement son verre, suivi par Camille, Geneviève et Claude. Je donnerais n’importe quoi pour me cacher sous la table lorsque le
    chancelier se joint à eux, changeant à mon grand soulagement de sujet. Je reste cependant surprise qu’il n’ait pas cherché à avoir le dernier mot. Je me souviens alors que cet homme est brillant,
    il ne s’abaissera pas, par fierté mal placée, à chercher à convaincre à tout prix. Peut-être même a-t-il eu plus que je ne le crois en parvenant à me faire parler&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Lorsque nous sortons de table, c’est évidemment de ce sujet que je discute avec Arthus et à mon grand désarroi il confirme ce que je
    craignais&nbsp;: D’Etressange s’est certainement régalé de me voir participer à la conversation, il souhaitait plus que tout que je sorte de ma réserve, à seule fin de me jauger. Finalement, il
    me paraît assez proche d’Isabelle de Montay par cette façon qu’ils ont de tester les gens, mais cela je le conserve pour moi. Je ne suis vraiment pas rassurée par tout ce qui s’est passé et cela
    me rend quelque peu nerveuse. Pourtant je suis franchement heureuse, pendant que je me déchausse, d’entendre Arthus m’avouer à voix basse&nbsp;:</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">«&nbsp;Ton soutien inattendu m’a surpris mais j’en suis enchanté. Tu as une façon de voir les choses encore différente de la mienne ou de
    celle de D’Etressange, une vision extérieure et pourtant pertinente. Je crois que c’est pour cela qu’il a préféré changer de conversation. Mais je suis certain que s’il en a l’occasion, il te
    relancera sur le sujet.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;J’aimerais autant ne pas me trouver de nouveau seule face à lui. Il est vraiment difficile de lui tenir tête.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;C’est un très bon orateur. C’est l’une des raisons pour lesquels je m’en méfie autant. Il est capable de faire changer quelqu’un d’avis
    sans même que la personne s’en rende compte. Camille le tient en estime et cela m’agace d’autant plus.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;Ne t’inquiète pas, elle est de la même trempe que lui.&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Je commence à retirer ma robe et comme Arthus ne me répond pas je me tourne vers lui, surprise. Je m’aperçois alors qu’il n’est plus du tout
    dans la conversation, à la façon dont il me regarde.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">«&nbsp;Art, ça va&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;Je t’aime.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;Pardon&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;Ne fais pas semblant de ne pas m’avoir entendu…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">—&nbsp;C’est juste que… Enfin je ne m’attendais pas à… Flûte, ça te prend souvent de changer de sujet de cette façon&nbsp;?&nbsp;»</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Je suis vraiment troublée. Il ne me répond pas, secoue la tête tout en s’approchant de moi et me soulève dans ses bras pour m’embrasser avec
    une fougue qui me surprend autant que la simplicité de sa déclaration. Ces dernières semaines nous avons eu peu de temps pour nous, surtout ces derniers jours où nous avons été contraints par la
    fatigue et les circonstances à étouffer nos désirs. Mais ce soir tout revient en force, l’envie que nous avons l’un de l’autre, associée aux sentiments que nous partageons, nous submerge. Arthus
    m’entraîne vers le lit mais nous ne prenons même pas le temps de l’atteindre, nous faisons l’amour sur un tapis, à même le sol.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Plus tard, alors que l’obscurité nocturne nous recouvre toujours, je me blottis contre mon amant, ravie d’être si proche de lui, y compris
    dans nos points de vue.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: right;">
    <a href="http://www.plumes-sauvages.net/article-19660245.html">suite</a>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.45pt; text-align: center;">
    <span style="font-family: verdana;">...<br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 02 May 2008 18:51:00 +0200</pubDate>        <guid >http://amonsul.over-blog.com/article-19240789.html</guid>
                <category>Dans les pas de Roanne</category>        <comments>http://amonsul.over-blog.com/article-19240789-6.html#c</comments>                    </item>
  
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